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    La dualisation de la rente urbaine. Une étude du marché immobilier de Bogotá DC. Colombie
    (2024-04-24)
    Amezquita Garcia, Laura Lucia
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    Cette recherche explore la dualisation de la rente urbaine comme clé explicative des configurations spatiales caractéristiques observées à Bogotá. S'appuyant sur un cadre théorique ancré dans les analyses économiques de la rente foncière, cette étude revisite les théories classiques soulignant l'inélasticité de l'offre foncière. Elle met en lumière le rôle prépondérant du marché immobilier, notamment dans la dynamique de l'offre de logements, les variations de prix et la distribution au sein de l'espace urbain, en tant que vecteurs de ségrégation sociale et spatiale. Cette dynamique est exacerbée par la persistance de la pauvreté, par les activités économiques locales traditionnelles, ainsi que par un ordre métropolitain spécifique. L'analyse se décline en trois volets de recherche : le premier évalue les prix des logements en utilisant un modèle hédonique fondé sur les données cadastrales de 2012 ; le second examine la ségrégation socio-économique à travers des indices élaborés à partir de l'enquête multidimensionnelle de 2014 ; le dernier explore la segmentation du marché du logement au moyen d'une analyse en panel sur la période 2005-2015. Les résultats statistiques, corroborés par des illustrations cartographiques, mettent en exergue les forces antagonistes influençant la formation des prix immobiliers à Bogotá. Ces forces contribuent à la valorisation et à la dévalorisation du logement, illustrant ainsi les fractures spatiales induites par la dualisation de la rente urbaine, concept au cœur de cette étude.
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    Basic services under rapid urbanization: unpacking the interactions of sanitation with urban inequality
    Cette thèse traite de l'interaction entre les services de base et les inégalités urbaines. Face à une urbanisation rapide et non planifiée, le principal objectif des acteurs publics est de garantir que l'expansion des services de base se poursuive au même taux, afin d'atteindre un niveau minimum de services pour l'ensemble de la population urbaine et de réduire l'inégalité. Cependant, comme la plupart des services de base sont fournis par le moyen de grands réseaux d'infrastructures, ils ont tendance à être à forte intensité de capital et de planification et sont donc à la traîne de la croissance urbaine, en particulier là où l'urbanisation est informelle. Dans ce contexte, le dégroupage des infrastructures de réseau et la fourniture décentralisée des services de base sont considérés comme un changement de donne, car ils augmentent la flexibilité et réduisent les volumes d'investissement. Par conséquent, le même service de base peut de plus en plus être fourni par des solutions technologiques, des modèles d'exploitation et des acteurs différents. Les conditions dans lesquelles les citoyens ont accès aux services de base, en particulier l'éligibilité et le coût, peuvent varier considérablement. En bref, les processus impliqués dans la fourniture d'un même service de base sont de plus en plus fragmentés, ce qui rend la question de l'inégalité centrale. Cette thèse prend l'exemple de l'assainissement pour étudier comment les différentes modalités de fourniture des services de base interagissent avec les inégalités urbaines dans une perspective territoriale. La thèse est basée sur trois articles de recherche, chacun formant un chapitre. Le chapitre 4 examine le comportement d'investissement des banques multilatérales de développement (BMD) dans l'approvisionnement en eau et l'assainissement. Le chapitre présente un nouvel ensemble de données comprenant tous les investissements dans l'eau et l'assainissement entre 1960 et 2020. S'appuyant sur 3 639 projets d'eau et d'assainissement, le chapitre évalue les tendances territoriales, les choix technologiques, la répartition des charges financières et les réformes des dispositifs institutionnels pour comprendre comment le comportement d'investissement des BMD varie dans l'espace et dans le temps, et comment il réagit au discours politique mondial et à l'urbanisation. Le chapitre 5 examine le développement du secteur de l'eau et de l'assainissement à Dhaka, au Bangladesh, entre 1990 et 2020. Il présente le Policy Pathways Framework (PPF) comme un nouveau concept analytique permettant d'analyser les négociations multiscalaires impliquées dans les délibérations sur les politiques et les investissements en matière d'assainissement. Le chapitre explique comment les financeurs associent l'introduction en cours de l'assainissement inclusif à l'échelle de la ville (CWIS) à l'organisation de l'assainissement à travers une économie, comment les entreprises de services publics utilisent le CWIS comme une opportunité d'éviter des responsabilités coûteuses dans l'assainissement sans égouts, et comment la coproduction de services à travers des solutions basées sur la communauté est négligée. Le chapitre 6 présente le cadre de l'économie politique territoriale (EPT) et la typologie des marchés de l'assainissement pour analyser la variété des systèmes d'assainissement existant dans les villes. La TPE distingue trois dimensions - la sécurité, la production et le financement - pour explorer la distribution générique du pouvoir structurel des systèmes d'assainissement et leur interaction locale-globale. La typologie du marché de l'assainissement identifie cinq types idéaux, à savoir les marchés des ménages, des municipalités, des services publics, des travaux urbains et des entreprises. Le cadre TPE et la typologie des marchés sont des propositions opportunes pour rendre la recherche sur l'EPP plus sensible à la dimension territoriale. Pour les acteurs promouvant les CWIS, la thèse montre que la flexibilité de la technologie doit être étendue à l'organisation et au financement. A cette fin, la collecte systématique et la synthèse des dispositions financières et organisationnelles existantes pour l'assainissement sans égout sont plus prometteuses que l'accent mis actuellement sur la promotion d'une vision abstraite d'une économie de l'assainissement basée sur l'investissement privé et la demande des ménages, où l'assainissement sûr est fourni comme le résultat d'un marché qui fonctionne.
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    Transactions sexuelles marchandes, numérisation et espace : quelles transformations des pratiques et des valeurs ?
    Réalisée dans le large champ de la sociologie économique, ma thèse de doctorat a montré une ouverture claire et actuelle du champ des possibles dans le domaine des pratiques sexuelles tarifées au travers du numérique. Cette thématique, liée au milieu encore tabou des sexualités, m’a menée au sein de terrains complexes et extrêmement dynamiques qui participent aux structures de nos sociétés contemporaines. En conjuguant des perspectives transdisciplinaires faisant tant appel à la sociologie et à la géographie qu’à l’économie et aux Gender studies, ces axes complémentaires m’ont permis d’analyser un phénomène complexe en y comprenant ses actrices et acteurs, ses flux monétaires, ainsi que ses territoires et temporalités. Afin de rendre compte de cette perspective, une méthode de recherche mixte a été mobilisée. Faisant appel aux entretiens exploratoires, puis semi-directifs dans un premier temps, j’ai élargi ma méthode en analysant des plateformes en ligne, tant d’un point de vue descriptif (profils en ligne, typologies de sites, images) que d'étude de discours en ligne (forums, notations et ranking, catégorisations). Ces nouvelles formes d’observation participante – sans contact direct sur les plateformes de livecam – feront l’objet d’une réflexion sur le plan éthique de la recherche. Cet ensemble couplé à des entretiens et à l’analyse de documents d’entreprises multinationales (DH, Entreprise n°2, Luxembourg – TC, Entreprise n°1, CH-Nevada) ont permis d’effectuer un aller-retour constructif entre une vision macro du marché global, tout en construisant une analyse micro des transactions opérées sur ce type de plateforme. Afin de rendre compte d’un processus dynamique, ma recherche fait appel à deux bases théoriques distinctes : l’une plus contemporaine traitant notamment des perspectives mobilisées par des chercheur·e·s dans le domaine des plateformes, du caming et des sexualités (Jones ; Trachman ; Bergström ; Srnicek), l’autre plus classique faisant appel à des concepts stabilisés en Gender Studies et en économie institutionnelle (Tabet ; Commons ; Pheterson). En sus, les dimensions d’espace et de valeur ont été prises en compte tout au long de mon analyse. Non seulement les apports théoriques de la valuation (Aspers, Beckert ; Dewey) et de l’experience economy (Pine, Gilmore) m’ont permis d’analyser les éléments de la construction sociale des différentes valeurs, mais également l’axe spatial lié aux “medias“ ont mené à une articulation complète des espaces concrets, numériques et de leurs liens aux nouvelles technologies (Adams). Pour conclure et formuler un résumé des résultats de ma recherche, cet ensemble a permis de montrer que le numérique mène à des formes d’évitement partiel au sein des espaces concrets des stigmates liés aux prestations sexuelles tarifées, et ce, tant du point de vue des prestataires que de la clientèle. En effet, les nouvelles technologies permettent une diffusion des pratiques sexuelles (annonces en ligne, prestations de livecam, vente de sous-vêtements utilisés, etc.) en évitant l’exposition à l’entourage social direct. En outre, la consommation de ce type de bien ou de prestation peut se réaliser de manière complètement discrète au travers d’une prise de contact et/ou d’une consommation numérique, d’un envoi postal anonyme, d’une rencontre dans un espace privé, etc. Si ma recherche expose des changements fondamentaux en termes de possibilités de consommation, elle montre également le maintien de schémas sociaux connus, puisque la majorité des ventes sont réalisées dans ce domaine par des femmes et des personnes se reconnaissant comme telles et que la consommation est, elle, majoritairement accomplie par des hommes. Le numérique opère donc bien une claire ouverture du champ des possibles face à nos pratiques dans le domaine des sexualités et des corps. Ce type de prestation passe par une construction temporelle faisant tant appel à la scène publique de discussions sociétales des normes, des valeurs, ainsi que des institutions qu’à la scène privée et intimes des pratiques individuelles. Ceci rend finalement compte d’un fait social total, illustrant le fonctionnement d’un domaine spécifique de nos sociétés contemporaines, bouleversées par des technologies, tout en maintenant certaines structures sociales importantes comme celles des rapports sociaux de sexes et de genre.
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    L’apport des sciences humaines et sociales à l‘innovation en Suisse
    (Berne Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation SEFRI, 2023-2-1) ; ; ;
    Les sciences humaines et sociales (SHS) occupent une place importante dans le système de recherche et de formation suisse avec près de deux tiers des effectifs des Hautes écoles (doctorants inclus) (FNS 2016). Cependant, leur contribution à l’innovation est mal identifiée et les SHS restent en marge des programmes de soutien à l’innovation. Ainsi, en 2017, seuls 5% des contributions fédérales pour l’innovation basée sur la recherche scientifique ont concerné les SHS (CTI 2017). Pour mieux comprendre et concevoir l’apport des SHS au système suisse d’innovation, il faut considérer l’ensemble des innovations, sans se focaliser sur celles qui sont issues de la recherche en sciences naturelles et de l’ingénieur. Ainsi, si les innovations techno-productives sont généralement issues d’inventions réalisées par les sciences de la nature et de l’ingénieur, les compétences des SHS permettent de transformer ces inventions en innovations. Elles organisent les processus d’innovation en entreprise, gèrent les droits de propriété intellectuelle, commercialisent les nouveaux produits... Ces innovations techno-productives, notamment dans les domaines des biens d’équipements et des produits pharmaceutiques, positionnent la Suisse parmi les nations les plus innovantes. Ici déjà, si l’on regarde dans le détail, la contribution de ces « sciences facilitatrices » (enabling sciences) semble décisive, puisque c’est dans les domaines organisationnel et commercial que le pays pointe le plus régulièrement en tête des classements européens (European Innovation Scoreboard 2012-2016). A côté des innovations techno-productives, les innovations culturelles consistent à donner du sens, ou un sens nouveau, aux activités économiques. Ces innovations concernent les industries créatives (information et de communication, publicité et marketing, événementiel, design, arts, médias, édition et production audiovisuelle), mais également des activités traditionnelles comme l’agroalimentaire, le tourisme, etc. L’horlogerie suisse est un exemple emblématique du renouvellement d’industries traditionnelles par l’innovation culturelle, en l’occurrence l’introduction de l’authenticité grâce, entre autres, aux mouvements mécaniques. L’innovation culturelle se déploie aujourd’hui largement grâce aux plateformes et aux nouveaux modèles d’affaires liés aux technologies digitales. Toutefois, l’innovation n’est pas censée répondre uniquement aux besoins de compétitivité des entreprises, mais aussi apporter des solutions à des problèmes de société. Les innovations sociales engagent aussi bien les autorités publiques, les entreprises que la société civile. Leur valeur est avant tout fondée sur la capacité à répondre à des problèmes collectifs grâce à des solutions développées en société, par la société et pour la société. Par exemple, les épiceries Caritas permettent à des personnes à bas revenus de s’approvisionner tout en limitant le gaspillage alimentaire. Dans ce contexte élargi de l’innovation, les SHS orientent la réflexion et l’action sur la manière dont des produits et des pratiques deviennent, ou pas, des innovations et acquièrent une valeur en société. De leur côté, les sciences mathématiques, informatiques, naturelles et techniques (MINT) donnent lieu à des découvertes et créent des inventions. C’est généralement avec une contribution des SHS que ces dernières peuvent alors être transformées en innovations.
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    From competitiveness to territorial value: transformative territorial innovation policies and anchoring milieus
    This paper proposes a conceptual reading of the issues and theories that have cumulatively formed the backbone of current ‘innovatized’ territorial development policies. It emphasizes the broadening of a technological innovation perspective to a cultural and, subsequently, social and societal innovation perspective. While this broader perspective encourages systemic changes that are crucial in order to reach global sustainability goals, it tends to under-conceptualize how to make transformative change economically viable. The paper, therefore, develops a transformative territorial innovation policy approach focused on ‘territorial value’, which is understood as the result of locally interdependent production, consumption and living advantages in the long run. Such a policy should be based on enlarged anchoring milieus of actors engaged in place-based experiments at the nexus of export-, visitor- and household-based income systems. To do so, it should promote policy mixes that support co-innovation, entrepreneurship, sensemaking and institutionalizing across multiple scales and locations. The paper finally calls for further research and conceptualizations on territorial value and territorial valuation and for a new role of the social sciences and humanities in innovation.
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    Les transactions économico-sexuelles : actrices et acteurs, institutions et territoires
    Cet article adopte l'hypothèse avancée par Tabet (2004 ; 2001), selon laquelle les transactions sexuelles sont toujours encastrées dans un cadre économique, et cherche à illustrer comment cet encastrement se présente aujourd'hui avec une étude de cas numérique. Les transactions économiques sexuelles (TES) sont abordées dans une perspective institutionnaliste et territoriale, ce qui nous permet de compléter le cadre structuraliste de Tabet et de saisir les changements en cours. L'objectif est d'identifier les modalités relationnelles, institutionnelles et calculatoires des TES, et de proposer un idéal-type basé sur la théorie des transactions de Commons ([1934], 1989). Afin de comprendre l'interconnexion entre les TES et le reste de la société, nous identifions dans la deuxième section une typologie des territorialités, en utilisant les oppositions entre espaces publics et privés d'une part, et espaces commerciaux et domestiques d'autre part. Partant de l'idée que les TES ont historiquement constitué des activités qui structurent ces oppositions, nous examinons dans la troisième section comment la numérisation affecte aujourd'hui leur inclusion dans la société au travers du cas des sexcams. En conclusion, nous proposons l'hypothèse selon laquelle les TES ont par le passé revêtu un caractère menaçant pour l'ordre social, et ont toujours fait l'objet d'un lourd contrôle, notamment au sein de l'espace public marchand. Ce contrôle est aujourd'hui réinventé numériquement par certaines formes d’évitement du "stigmate de la putain" (Pheterson, 1993), tout en créant une séparation encore plus grande entre la sphère publique et commerciale d'une part et la force commerciale de la sexualité féminine d'autre part.
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    Divided we stand, together we change: discursive trajectories on energy transition in North-Western Switzerland
    (2020)
    Aeschlimann, Clarisse
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    La transition énergétique est un sujet complexe, impliquant des enjeux économiques, écologiques, technologiques, institutionnels et sociétaux d’envergure régionale, nationale et internationale. Ce terme est également un sujet d’actualité appréhendé par une multitude d’acteurs différents aux points de vue souvent antagoniques. A l’heure actuelle, cette notion est surtout associée aux énergies renouvelables et à l’abandon des énergies fossiles. Cependant, il y a quelques années encore, la transition énergétique était davantage liée à la question de la sortie du nucléaire. Quand et sous quelles conditions ce changement de discours a-t-il eu lieu ? D’une manière générale, quel sens est attribué à la notion de transition énergétique au cours du temps ?
    Ce mémoire retrace la trajectoire argumentative de la transition énergétique à travers le journal régional Aargauer Zeitung. Plus de 500 articles de journal datant de début 2006 à fin 2019 et traitant de la transition énergétique ont été analysés dans une démarche systémique. L’économie de la grandeur, les framings ainsi que la théorie des champs organisationnels composent le cadre conceptuel de la recherche. Plusieurs constats ont pu être établis à partir des fréquences d’apparition d’acteurs, d’ordres de références et de sujets liés à la problématique de la transition énergétique. Avant 2011, cette notion avait autant pour sujet les énergies nucléaires que fossiles et renouvelables, mais n’était employée que part très peu d’acteurs. Suite à la catastrophe de Fukushima, la transition énergétique, alors synonyme de la sortie nucléaire, a été amplement politisée de sorte à ce que davantage d’acteurs prennent position sur le sujet. L’instauration d’un compromis sous la forme du rejet de l’initiative « sortir du nucléaire » a mis un terme à l’association de la transition énergétique avec le nucléaire. Le discours autour de la transition est désormais de plus en plus lié aux énergies fossiles et renouvelables ainsi qu’aux enjeux climatiques. Davantage d’acteurs étant mobilisés et d’infrastructures mises en place, le discours à ce sujet est plus informé, riche et disposé qu’il ne l’était avant Fukushima. Ainsi, une compréhension collective des enjeux, appréhendée par une constellation d’acteurs dissemblables, génère un virage progressif et favorable à la transition énergétique.