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S'expatrier pour devenir médecins : les parcours des étudiant-e-s internationaux de deux universités roumaines de médecine
Auteur(s)
Editeur(s)
Maison d'édition
Neuchâtel : Université de Neuchâtel
Date de parution
2024-11-07
Nombre de page
458 p.
Mots-clés
Résumé
La littérature scientifique sur la mobilité internationale des étudiant-e-s se concentre davantage sur les mouvements qui concernent surtout les trajectoires Nord-Nord, soit entre les pays économiquement développés, ou Sud-Nord, soit des pays en voie de développement vers les pays plus riches et plus développés. En même temps, bon nombre de pays européens ont introduit au fil du temps le « numerus clausus » dans leurs universités de médecine. Ce principe vise à limiter le nombre d’étudiant-e-s admis par concours à certaines filières d’études, dont notamment dans la médecine générale. En raison de l’admission difficile aux programmes de formation médicale dans des nombreux pays d’Europe, les étudiant-e-s en médecine sont de plus en plus nombreux à quitter leur pays pour s’expatrier pour plusieurs années d’études dans les nouveaux États membres de l’Union Européenne afin de pouvoir réaliser le rêve de devenir médecin. Depuis l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne en 2007, on peut remarquer que le nombre d’étudiant-e-s internationaux, parmi lesquels des étudiant-e-s d’origine suisse, inscrit-e-s dans les universités roumaines est en forte progression.
Dans le cadre de cette thèse, nous avons adopté une approche originale qui se focalise d’une part, sur une population relativement peu étudiée, formée des étudiant-e-s internationaux en médecine ; et qui, d’autre part, s’intéresse à la circulation des étudiant-e-s non pas entre les pays du Sud et les pays du Nord, ni entre les pays du Nord mais vers les pays périphériques de l’Union Européenne, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de ce phénomène. Nous avons réalisé deux études de cas et avions mené une enquête quantitative en linge auprès des étudiant-e-s internationaux de deux universités de médecine roumaines, à savoir l’Université de Médecine et Pharmacie « Grigore T. Popa » de Iaşi et l’Université de Médecine et Pharmacie « Iuliu Haţieganu » de Cluj, qui accueillent chaque année de nombreux étudiant-e-s internationaux.
Un des objectifs de cette recherche a été de comprendre les trajectoires et les parcours migratoires des étudiant-e-s internationaux en médecine avant leur arrivée en Roumanie ainsi que de saisir leurs caractéristiques et origines sociales. Nous avons tenté aussi de comprendre la logique de selection de leur formation, de la destination d’études et de l’université d’accueil. Ensuite, nous avons également exploré les expériences d’adaptation à l’université et à la société d’accueil, les problèmes rencontrés et les stratégies utilisées pour l’adaptation progressive de ces étudiant-e-s et la mobilité des étudiant-e-s et le maintien des relations sociales pendant les études. Enfin, le dernier objectif était de présenter les projets d’avenir que ces étudiant-e-s souhaitent concrétiser dans un futur proche et leurs intentions de mobilité à la fin de leurs études actuelles.
Pour ce faire, nous avons mobilisé et articulé plusieurs concepts et théories clés à savoir : la théorie du capital humain et des capitaux, les concepts d’intégration académique et sociale, l’approche transnationale, et, enfin, les théories de l’immigration de retour. Afin d’apporter des éléments de réponse, dans le cadre de cette thèse, nous avons utilisé une approche de collecte et d’analyse de données par les méthodes mixtes. Pour la collecte de données quantitatives, nous avons utilisé d’abord un questionnaire en ligne qui a été administré par courrier électronique à l’ensemble des étudiant-e-s internationaux de ces deux universités de médecine. Ensuite, les résultats de cette enquête ont complétés par l’analyse de 31 entretiens semi-directifs qui ont été menés, entre le mois juillet 2019 et avril 2022, à distance et en face-à-face avec des étudiant-e-s internationaux de différentes nationalités inscrits dans différentes années d’études dans les deux universités roumaines de médecine. Finalement, la complémentarité des données quantitatives et qualitatives a permis une meilleure compréhension des pratiques et des expériences de ces étudiant-e-s internationaux.
Les résultats confirment que la grande majorité des étudiant-e-s internationaux en médecine dans les deux universités roumaines sont des « privilégiés », issus majoritairement de familles qui ont un niveau d'éducation tertiaire soit des familles dont un ou les deux parents sont diplômés en médecine. Cependant, sur la base de leurs caractéristiques, de leurs trajectoires, de leurs parcours préuniversitaires et de leurs origines sociales, nous pouvons distinguer cinq profils-types d’étudiant-e-s internationaux en médecine. Cette thèse a également permis de mieux comprendre le rôle joué par les plusieurs critères dans le choix de la Roumanie comme pays de destination d’études et de l’université d’accueil. Plusieurs facteurs ont été mentionnés pour justifier le choix de la Roumanie, dont principalement la reconnaissance internationale des diplômes roumains. Le choix d’un établissement d’accueil particulier est également justifié par plusieurs facteurs, dont principalement sa réputation et l’assurance de la qualité de l’enseignement. Au travers de nos résultats, il apparaît que les étudiant-e-s internationaux en médecine ont été confrontés à plusieurs obstacles et difficultés dans le pays d’accueil au cours du processus d’adaptation. La pandémie de Covid-19 a également été décrite comme un défi additionnel et un facteur entravant leurs expériences. En outre, nous avons pu montrer que les étudiant-e-s mobilisent des stratégies différentes pour faire face à ces difficultés. En ce qui concerne la mobilité et les relations transnationales des étudiant-e-s internationaux, l’analyse montre qu’ils utilisent différentes relations et pratiques de mobilité après s’être installés dans leur ville d’études. En définitive, cette thèse apporte une contribution significative aux questions des intentions de mobilité et du retour des étudiant-e-s dans leur pays de départ après la fin de leurs études. Elle met en avance l’existence de fortes différences dans les intentions de mobilité à la fin des études en cours en fonction de l’origine et des projets professionnels des futurs diplômés.
Dans le cadre de cette thèse, nous avons adopté une approche originale qui se focalise d’une part, sur une population relativement peu étudiée, formée des étudiant-e-s internationaux en médecine ; et qui, d’autre part, s’intéresse à la circulation des étudiant-e-s non pas entre les pays du Sud et les pays du Nord, ni entre les pays du Nord mais vers les pays périphériques de l’Union Européenne, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de ce phénomène. Nous avons réalisé deux études de cas et avions mené une enquête quantitative en linge auprès des étudiant-e-s internationaux de deux universités de médecine roumaines, à savoir l’Université de Médecine et Pharmacie « Grigore T. Popa » de Iaşi et l’Université de Médecine et Pharmacie « Iuliu Haţieganu » de Cluj, qui accueillent chaque année de nombreux étudiant-e-s internationaux.
Un des objectifs de cette recherche a été de comprendre les trajectoires et les parcours migratoires des étudiant-e-s internationaux en médecine avant leur arrivée en Roumanie ainsi que de saisir leurs caractéristiques et origines sociales. Nous avons tenté aussi de comprendre la logique de selection de leur formation, de la destination d’études et de l’université d’accueil. Ensuite, nous avons également exploré les expériences d’adaptation à l’université et à la société d’accueil, les problèmes rencontrés et les stratégies utilisées pour l’adaptation progressive de ces étudiant-e-s et la mobilité des étudiant-e-s et le maintien des relations sociales pendant les études. Enfin, le dernier objectif était de présenter les projets d’avenir que ces étudiant-e-s souhaitent concrétiser dans un futur proche et leurs intentions de mobilité à la fin de leurs études actuelles.
Pour ce faire, nous avons mobilisé et articulé plusieurs concepts et théories clés à savoir : la théorie du capital humain et des capitaux, les concepts d’intégration académique et sociale, l’approche transnationale, et, enfin, les théories de l’immigration de retour. Afin d’apporter des éléments de réponse, dans le cadre de cette thèse, nous avons utilisé une approche de collecte et d’analyse de données par les méthodes mixtes. Pour la collecte de données quantitatives, nous avons utilisé d’abord un questionnaire en ligne qui a été administré par courrier électronique à l’ensemble des étudiant-e-s internationaux de ces deux universités de médecine. Ensuite, les résultats de cette enquête ont complétés par l’analyse de 31 entretiens semi-directifs qui ont été menés, entre le mois juillet 2019 et avril 2022, à distance et en face-à-face avec des étudiant-e-s internationaux de différentes nationalités inscrits dans différentes années d’études dans les deux universités roumaines de médecine. Finalement, la complémentarité des données quantitatives et qualitatives a permis une meilleure compréhension des pratiques et des expériences de ces étudiant-e-s internationaux.
Les résultats confirment que la grande majorité des étudiant-e-s internationaux en médecine dans les deux universités roumaines sont des « privilégiés », issus majoritairement de familles qui ont un niveau d'éducation tertiaire soit des familles dont un ou les deux parents sont diplômés en médecine. Cependant, sur la base de leurs caractéristiques, de leurs trajectoires, de leurs parcours préuniversitaires et de leurs origines sociales, nous pouvons distinguer cinq profils-types d’étudiant-e-s internationaux en médecine. Cette thèse a également permis de mieux comprendre le rôle joué par les plusieurs critères dans le choix de la Roumanie comme pays de destination d’études et de l’université d’accueil. Plusieurs facteurs ont été mentionnés pour justifier le choix de la Roumanie, dont principalement la reconnaissance internationale des diplômes roumains. Le choix d’un établissement d’accueil particulier est également justifié par plusieurs facteurs, dont principalement sa réputation et l’assurance de la qualité de l’enseignement. Au travers de nos résultats, il apparaît que les étudiant-e-s internationaux en médecine ont été confrontés à plusieurs obstacles et difficultés dans le pays d’accueil au cours du processus d’adaptation. La pandémie de Covid-19 a également été décrite comme un défi additionnel et un facteur entravant leurs expériences. En outre, nous avons pu montrer que les étudiant-e-s mobilisent des stratégies différentes pour faire face à ces difficultés. En ce qui concerne la mobilité et les relations transnationales des étudiant-e-s internationaux, l’analyse montre qu’ils utilisent différentes relations et pratiques de mobilité après s’être installés dans leur ville d’études. En définitive, cette thèse apporte une contribution significative aux questions des intentions de mobilité et du retour des étudiant-e-s dans leur pays de départ après la fin de leurs études. Elle met en avance l’existence de fortes différences dans les intentions de mobilité à la fin des études en cours en fonction de l’origine et des projets professionnels des futurs diplômés.
The scientific literature regarding the international mobility of students focuses more on the movements related mainly to the North-Nordic routes, respectively between the economically developed countries or between the South-Nordic countries, respectively between the developing countries and richer and more developed countries. At the same time, several European countries have introduced over time the “numerus clausus” in their universities of medicine. The scope of this principle consists in restricting the number of exam-based admission of students on certain fields of study, particularly general medicine. Due to the difficult admission to medical courses in several European countries, an increasing number of students leave their country to immigrate for several years during the period of study to the new member states of the European Union in order to achieve their dream of becoming physicians. Since Romanian joined the European Union in 2007, the number of international students, including of Swiss origin, enrolled in the Romanian universities has suddenly increased.
By this thesis, I have adopted an original approach focusing, on one hand, on a rather less studied population, formed of international medical students; and which, on the other hand, refers to the movement of the students not between the South countries and the North countries or between the North countries, but to the peripheral countries of the European Union, contributing thus to a better understanding of this phenomenon. I have performed two case studies and an online quantitative polling among the international students from two Romanian universities of medicine, respectively “Grigore T. Popa” University of Medicine of Iași and “Iuliu Hațieganu” University of Medicine and Pharmacy of Cluj, that are hosting several international students every year.
Some of the objectives of this research consisted in understanding the tracks and ways of immigration of international medical students before their arrival to Romania, as well as in understanding their social characteristics and origins. I have tried to understand as well the logic of selecting their education, the study destination and the host university. Further on, I have explored the experiences of adjustment to the university and host society, the issues faced and the strategies used for the gradual adjustment of such students, their mobility and maintenance of social relations during the studies. Eventually, the last objective was to present the projects of such students for the near future and their mobility intentions at the end of the current studies.
Therefore, I have employed and presented several key concepts and theories, respectively: the theory of human capital and capitals, the concepts of academic and social integration, the transnational approach and, eventually, the theories of return immigration. In order to provide answers, in this thesis, I have employed an approach of collecting and analysing the data by mixed methods. In order to collect quantitative data, at first, I used an online questionnaire submitted by email to all international students from these two universities of medicine. Further on, the results of this polling were completed by the analysis of 31 semi-structured remote and face-to-face interviews done between July 2019 – April 2022, given by international students of different nationalities, from different years of study, enrolled in the two universities of medicine of Romania. Eventually, the quantitative and qualitative data corroborated provided a better understanding of the practices and experiences of such international students.
The results confirm that the majority of international medical students from the two Romanian universities are “privileged”, coming mainly from families with tertiary level of education or families with one or both parents that have graduated medicine. However, based on their characteristics, tracks, preuniversity studies and social origins, we may distinguish five standard profiles of the international medical students. This thesis has also made possible a better understanding of the role played by several criteria in selecting Romania as country of destination for the studies and the host university. There have been mentioned several factors supporting the selection of Romania, mainly the international recognition of Romanian degrees. The selection of a particular host institution is also justified by several factors, mainly its reputation and the quality of education. Our results show that the international medical students faced several impediments and difficulties in the host country during the adjustment process. The Covid-19 pandemics was also presented as an additional challenge and a factor that has prevented their experiences. In addition, I have managed to show that the students are employing several strategies to face such difficulties. As for the mobility and transnational relations of international students, according to the analysis, they are employing different relations and practices of mobility after settling in their town of study. Eventually, this this provides a significant contribution to the issues of mobility intentions and return of the students to their country of origin at the end of the studies. This emphasizes the existence of some strong differences with respect to the mobility intentions at the end of the current studies depending on the origin and professional projects of the future graduates.
By this thesis, I have adopted an original approach focusing, on one hand, on a rather less studied population, formed of international medical students; and which, on the other hand, refers to the movement of the students not between the South countries and the North countries or between the North countries, but to the peripheral countries of the European Union, contributing thus to a better understanding of this phenomenon. I have performed two case studies and an online quantitative polling among the international students from two Romanian universities of medicine, respectively “Grigore T. Popa” University of Medicine of Iași and “Iuliu Hațieganu” University of Medicine and Pharmacy of Cluj, that are hosting several international students every year.
Some of the objectives of this research consisted in understanding the tracks and ways of immigration of international medical students before their arrival to Romania, as well as in understanding their social characteristics and origins. I have tried to understand as well the logic of selecting their education, the study destination and the host university. Further on, I have explored the experiences of adjustment to the university and host society, the issues faced and the strategies used for the gradual adjustment of such students, their mobility and maintenance of social relations during the studies. Eventually, the last objective was to present the projects of such students for the near future and their mobility intentions at the end of the current studies.
Therefore, I have employed and presented several key concepts and theories, respectively: the theory of human capital and capitals, the concepts of academic and social integration, the transnational approach and, eventually, the theories of return immigration. In order to provide answers, in this thesis, I have employed an approach of collecting and analysing the data by mixed methods. In order to collect quantitative data, at first, I used an online questionnaire submitted by email to all international students from these two universities of medicine. Further on, the results of this polling were completed by the analysis of 31 semi-structured remote and face-to-face interviews done between July 2019 – April 2022, given by international students of different nationalities, from different years of study, enrolled in the two universities of medicine of Romania. Eventually, the quantitative and qualitative data corroborated provided a better understanding of the practices and experiences of such international students.
The results confirm that the majority of international medical students from the two Romanian universities are “privileged”, coming mainly from families with tertiary level of education or families with one or both parents that have graduated medicine. However, based on their characteristics, tracks, preuniversity studies and social origins, we may distinguish five standard profiles of the international medical students. This thesis has also made possible a better understanding of the role played by several criteria in selecting Romania as country of destination for the studies and the host university. There have been mentioned several factors supporting the selection of Romania, mainly the international recognition of Romanian degrees. The selection of a particular host institution is also justified by several factors, mainly its reputation and the quality of education. Our results show that the international medical students faced several impediments and difficulties in the host country during the adjustment process. The Covid-19 pandemics was also presented as an additional challenge and a factor that has prevented their experiences. In addition, I have managed to show that the students are employing several strategies to face such difficulties. As for the mobility and transnational relations of international students, according to the analysis, they are employing different relations and practices of mobility after settling in their town of study. Eventually, this this provides a significant contribution to the issues of mobility intentions and return of the students to their country of origin at the end of the studies. This emphasizes the existence of some strong differences with respect to the mobility intentions at the end of the current studies depending on the origin and professional projects of the future graduates.
Notes
UniNE, FLSH, Institut de sociologie, soutenue le 7 novembre 2024
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Type de publication
doctoral thesis
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