Options
Réformes curriculaires et sens du travail de l’étudiant: intérêt d’une perspective historique
Auteur(s)
Perret, Noëlle-Laetitia
Date Issued
2005
Abstract
Nous partirons du constat suivant : le système de crédits ECTS introduit avec la réforme de Bologne accorde une place plus explicite que jamais à l’activité de l’étudiant, mais l'approche reste prioritairement quantitative. L’enjeu est de déterminer le volume de travail que chaque unité d'enseignement exige de l'étudiant. Les activités d'étude prises en compte pour l'obtention de crédits restent décrites en termes traditionnels : cours, séminaires, exercices, travaux pratiques, lectures personnelles, préparation d'examens, ou encore stages (CRUS, 2004). Dans ce contexte, nous soutiendrons qu'une des tâches de la didactique universitaire est de réinterroger le sens des activités d’études constitutives d’une unité d’enseignement.
Les ressources pour penser l’activité de l’étudiant ne manquent pas. De nombreuses innovations pédagogiques peuvent être relues comme une recherche d’articulations plus étroites entre le cours ex-cathedra et l’activité de l’étudiant (Congrès AIPU, 2002). Le déploiement récent de nouveaux dispositifs de formation a pu laisser croire que la réflexion pédagogique sur l’activité de l’étudiant était une préoccupation nouvelle en milieu universitaire (Romainville, 2004). A notre sens, cette perception est dommageable, elle occulte l’intérêt d’un regard historique sur les pratiques d’étude et la manière dont elles ont été pensées à chaque époque.
Nous présenterons dans notre communication quelques aspects du travail de l'étudiant au sein des universités médiévales. Une centration sur cette période fondatrice n’est pas gratuite ; nos institutions universitaires sont encore largement héritières des pratiques d’étude qui se sont mises alors en place. Nous montrerons que l’université médiévale ne peut être réduite à un modèle simple de transmission du savoir ex-cathedra, ou être assimilé à une « université d'enseignement » opposée à une «université de l’apprendre » qui, selon Bowden & Marton (1998), caractériserait l’université d’aujourd’hui.
Les universités médiévales « ont été un lieu exceptionnel d’approfondissement des méthodes de travail intellectuel » (Verger, 1999). Les sources médiévales témoignent en effet de pratiques d’études très diverses et peu connues. Nous verrons en particulier le type de rapport qui s'établit entre l’activité de l’enseignant et celle de l’étudiant, ainsi que la place du livre dans le travail personnel de l’étudiant et les instruments de travail mis à sa disposition. Nous présenterons également le déroulement de la journée d'un étudiant dont une partie importante était consacrée à des "travaux pratiques" d'argumentation (disputatio).
En conclusion, nous soulignerons que l’enjeu d’une telle analyse n’est pas de chercher des solutions dans le passé, mais de mieux saisir à quelles demandes répondaient les pratiques universitaires traditionnelles, pour en vérifier et en réélaborer la pertinence dans le contexte pédagogique, socioprofessionnel et culturel d’aujourd’hui.
Les ressources pour penser l’activité de l’étudiant ne manquent pas. De nombreuses innovations pédagogiques peuvent être relues comme une recherche d’articulations plus étroites entre le cours ex-cathedra et l’activité de l’étudiant (Congrès AIPU, 2002). Le déploiement récent de nouveaux dispositifs de formation a pu laisser croire que la réflexion pédagogique sur l’activité de l’étudiant était une préoccupation nouvelle en milieu universitaire (Romainville, 2004). A notre sens, cette perception est dommageable, elle occulte l’intérêt d’un regard historique sur les pratiques d’étude et la manière dont elles ont été pensées à chaque époque.
Nous présenterons dans notre communication quelques aspects du travail de l'étudiant au sein des universités médiévales. Une centration sur cette période fondatrice n’est pas gratuite ; nos institutions universitaires sont encore largement héritières des pratiques d’étude qui se sont mises alors en place. Nous montrerons que l’université médiévale ne peut être réduite à un modèle simple de transmission du savoir ex-cathedra, ou être assimilé à une « université d'enseignement » opposée à une «université de l’apprendre » qui, selon Bowden & Marton (1998), caractériserait l’université d’aujourd’hui.
Les universités médiévales « ont été un lieu exceptionnel d’approfondissement des méthodes de travail intellectuel » (Verger, 1999). Les sources médiévales témoignent en effet de pratiques d’études très diverses et peu connues. Nous verrons en particulier le type de rapport qui s'établit entre l’activité de l’enseignant et celle de l’étudiant, ainsi que la place du livre dans le travail personnel de l’étudiant et les instruments de travail mis à sa disposition. Nous présenterons également le déroulement de la journée d'un étudiant dont une partie importante était consacrée à des "travaux pratiques" d'argumentation (disputatio).
En conclusion, nous soulignerons que l’enjeu d’une telle analyse n’est pas de chercher des solutions dans le passé, mais de mieux saisir à quelles demandes répondaient les pratiques universitaires traditionnelles, pour en vérifier et en réélaborer la pertinence dans le contexte pédagogique, socioprofessionnel et culturel d’aujourd’hui.
Notes
, Congrès de l’Association Internationale de Pédagogie Universitaire (AIPU) 12-14 septembre 2005., Université de Genève
Publication type
conference presentation