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Samuel Pufendorf’s (1632-1694) system of natural law in the light of “Hume’s law” (David Hume, 1711-1776) concerning the “is”/“ought” gap
Titre du projet
Samuel Pufendorf’s (1632-1694) system of natural law in the light of “Hume’s law” (David Hume, 1711-1776) concerning the “is”/“ought” gap
Description
La philosophie de Samuel Pufendorf (1632-1694) est aujourd'hui très peu pratiquée. Le projet veut mettre en lumière un aspect important de cette philosophie, par lequel elle se compare avec une des philosophies classiques les plus connues encore aujourd'hui, celle de David Hume (1711-1776). Ce dernier auteur, dans son "Traité de la nature humaine", au Livre III, introduit une manière résolument moderne de poser le rapport entre le domaine des faits et le domaine des normes (juridiques et morales), comme une indépendance logique réciproque (=la "loi de Hume"). L’objectif du projet consiste à montrer comment Pufendorf, avec sa théorie des « êtres moraux », possède déjà ce qui sera appelé plus tard la « loi de Hume ». Celle-ci devrait donc s’appeler « loi de Pufendorf-Hume ».
Dans l’évolution philosophique moderne, le domaine de la nature (les faits) et le domaine du droit (voire celui de l’éthique) se sont détachés l’un de l’autre. Parmi les causes de ce détachement faits/lois figure le changement scientifique, en particulier le mécanicisme avec des savants comme Galilée et Descartes. La formulation nette du détachement faits/lois est due à Hume, au Livre III du Traité de la nature humaine. Ce qu’on appelle la « loi de Hume », exprime l’indépendance logique des propositions rattachant sujet et prédicat par « est », qui décrivent des états de choses, et les propositions reliant sujet et prédicat par « doit », qui expriment les prescriptions du droit et de l’éthique. – En parallèle avec l’évolution scientifique, une autre démarche philosophique est particulièrement influente : celle du « droit naturel », une approche globale, surplombante, de tout le domaine juridique. Cette approche entend repenser tous les rapports juridiques en ignorant – méthodologiquement – toutes les lois existantes (résumées comme « droit positif »). – A un moment donné, au XVIIe siècle, ces deux démarches interfèrent. Le droit naturel a été réinterprété avec les données du programme mécaniciste. Plusieurs philosophes ont raisonné sur cette interférence, comme Hobbes et Spinoza. Le plus rigoureux, cependant, fut Pufendorf, qui mena une grande carrière de « jusnaturaliste ». Ses propres résultats, aujourd’hui très peu reconnus, se trouvent au début de son traité Droit de la nature et des gens (1672), qui introduit des « êtres moraux » (entia moralia). L’objectif du projet consiste à montrer comment Pufendorf, avec sa théorie des « êtres moraux », possède déjà ce qui sera appelé plus tard la « loi de Hume ». Celle-ci devrait donc s’appeler « loi de Pufendorf-Hume ».
Dans l’évolution philosophique moderne, le domaine de la nature (les faits) et le domaine du droit (voire celui de l’éthique) se sont détachés l’un de l’autre. Parmi les causes de ce détachement faits/lois figure le changement scientifique, en particulier le mécanicisme avec des savants comme Galilée et Descartes. La formulation nette du détachement faits/lois est due à Hume, au Livre III du Traité de la nature humaine. Ce qu’on appelle la « loi de Hume », exprime l’indépendance logique des propositions rattachant sujet et prédicat par « est », qui décrivent des états de choses, et les propositions reliant sujet et prédicat par « doit », qui expriment les prescriptions du droit et de l’éthique. – En parallèle avec l’évolution scientifique, une autre démarche philosophique est particulièrement influente : celle du « droit naturel », une approche globale, surplombante, de tout le domaine juridique. Cette approche entend repenser tous les rapports juridiques en ignorant – méthodologiquement – toutes les lois existantes (résumées comme « droit positif »). – A un moment donné, au XVIIe siècle, ces deux démarches interfèrent. Le droit naturel a été réinterprété avec les données du programme mécaniciste. Plusieurs philosophes ont raisonné sur cette interférence, comme Hobbes et Spinoza. Le plus rigoureux, cependant, fut Pufendorf, qui mena une grande carrière de « jusnaturaliste ». Ses propres résultats, aujourd’hui très peu reconnus, se trouvent au début de son traité Droit de la nature et des gens (1672), qui introduit des « êtres moraux » (entia moralia). L’objectif du projet consiste à montrer comment Pufendorf, avec sa théorie des « êtres moraux », possède déjà ce qui sera appelé plus tard la « loi de Hume ». Celle-ci devrait donc s’appeler « loi de Pufendorf-Hume ».
Chercheur principal
Ramelet, Denis
Statut
Completed
Date de début
1 Juillet 2015
Date de fin
30 Juin 2017
Organisations
Identifiant interne
32530
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