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Présent et contemporanéité: libérer le temps du musée d'ethnographie, devenir contemporains
Maison d'édition
Neuchâtel
Date de parution
2021
Mots-clés
- musée d’ethnographie
- muséologie
- expositions
- formation de collections
- représentation
- altérité
- présent
- décolonisation du musée
- usages du temps
- anthropologie du temps
- museum of ethnography
- museology
- ethnographic collections
- exhibitions
- otherness
- representation
- museum’s decolonization
- uses of time
- anthropology of time
- museo de etnografía
- museología
- usos del tiempo
- antropología del tiempo
- exposiciones
- descolonización
- representación
- presente
- formación de colecciones.
musée d’ethnographie
muséologie
expositions
formation de collecti...
représentation
altérité
présent
décolonisation du mus...
usages du temps
anthropologie du temp...
museum of ethnography...
museology
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otherness
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uses of time
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museo de etnografía
museología
usos del tiempo
antropología del tiem...
exposiciones
descolonización
representación
presente
formación de coleccio...
Résumé
Quelles représentations contemporaines trouve-t-on en visitant un musée d'ethnographie en Europe ? En se penchant sur cette question, ce travail propose une analyse des usages du temps des musées
d'ethnographie. Pour ce faire, nous partons de l'observation de différentes expositions permanentes et temporaires dans sept musées en Europe ; à savoir : le Musée d’ethnographie de Genève et celui de
Neuchâtel (Suisse), le Musée de l’Homme et le Musée du quai Branly-Jacques Chirac (France), et, le Museo de América, le Museo Nacional de Antropología et le Museo Etnológico y de Culturas Mundo
de Barcelone (Espagne). Ces musées, bien qu'ils aient actuellement des tailles, des formes et des projets très différents, partagent une caractérisique fondamentale : leurs origines coloniales qui ont donné lieu
à des pratiques communes concernant le rapport au temps dans la production de représentations de l'altérité.
La première partie de la recherche est consacrée à l'analyse du dispositif d'exposition dans sa totalité, afin d'élaborer une vue panoramique de la construction et de la dilution du temps dans les expositions permanentes ; c'est ainsi que nous constatons un usage du temps suspendu ou neutralisé dans la production des représentations de l’altérité. Nous fermons ensuite la focale pour nous concentrer sur le
présent en tant que période et sa représentation dans les collections ; ce faisant, nous cherchons à esquisser les objets intellectuels contemporains de l'anthropologie muséale et à savoir si les objets du
présent, en plus d’être des objets récents, sont aussi des objets contemporains. Enfin, dans la troisième partie de la recherche, nous nous penchons à nouveau sur le dispositif total, en comprenant l'exposition comme un lieu de présence, où se créent des relations entre sujets et objets, en mettant cette fois l'accent sur les constructions contemporaines, et sur un usage du temps pour rapprocher l'objet.
C'est ainsi que, finalement, nous voyons se déployer complètement l'objectif d’identifier les représentations contemporaines. D’une part, nous pouvons le comprendre comme la représentation du
contemporain de l’altérité : ici le contemporain prend un sens périodique, relatif au présent et donc susceptible de devenir un objet. D’autre part, nous comprenons cet objectif comme la représentation contemporaine de l’altérité, c’est-à-dire comme une manière de construire l’objet. De ce point de vue, le présent n’est pas seulement un objet mais aussi un point d’ancrage, une façon de construire n’importe quel objet à partir de l’ici et maintenant. Ce serait une forme d’anachronisme comme celui préconisé par Walter Benjamin lorsqu’il mettait en valeur la présentation des oeuvres « dans le temps qui les connait, c’est-à-dire dans notre temps », et de ne pas se contenter de montrer les choses seulement dans leur contexte d’origine.
Cette forme d’anachronisme est la base d’une contemporanéité intersubjective qui peut prendre place dans l’exposition, un rapport au temps qui permet d'accueillir le passé dans le présent, le là-bas dans
l’ici, l’autrefois dans le maintenant... En ce sens et en partant de l'état actuel des musées – avec des collections ethnographiques du passé et du présent, d'ici et de là-bas –, cette étude suggère une
réconciliation des oppositions binaires, une proposition de décolonisation du musée basée sur la libération du temps.
Resumen:
¿Qué representaciones contemporáneas de la alteridad encontramos al visitar un museo de etnografía en Europa? Indagando en esta duda, este trabajo propone un análisis de los usos del tiempo de los museos de etnografía. Para ello partimos de la observación de diferentes exposiciones permanentes y temporales en siete museos entre España, Francia y Suiza; museos que, aunque en la actualidad tienen
tamaños, formas y proyectos muy diferentes, comparten un rasgo fundamental, unos orígenes coloniales que han dado lugar a prácticas comunes en cuanto al uso del tiempo en la producción de las
representaciones de la alteridad.
La investigación está dividida en tres partes, la primera se consigue analizando el dispositivo de exposición en su totalidad para elaborar una panorámica sobre la construcción y dilución del tiempo en las exposiciones permanentes; en este primer paso constatamos el uso del tiempo suspendido o neutralizado en la construcción de las representaciones de la alteridad. La segunda parte requiere cerrar
el foco para concentrarnos en el presente como periodo y en su representación en las colecciones; con ello buscamos bocetar los objetos intelectuales contemporáneos de la antropología muséal y abrir la cuestión de si los objetos del presente a demás de objetos recientes son objetos contemporáneos. Finalmente, en la tercera parte volvemos a observar el dispositivo total, entendiendo la exposición como
un lugar de presencia, donde se crean relaciones entre sujetos y objetos, esta vez poniendo el acento en las construcciones contemporáneas, y en un uso del tiempo para acercar al objeto.
Es así como al final vemos desdoblarse por completo el objetivo de identificar las representaciones contemporáneas. Por un lado, podemos entenderlo como la representación de lo contemporáneo de la
alteridad: aquí lo contemporáneo toma una acepción periódica, relativa al presente y por tanto susceptible a devenir objeto. Por otro lado, entendemos este objetivo como la representación contemporánea de la alteridad, es decir, como una forma de construir el objeto. Desde este punto de vista el presente no es sólo un objeto sino también un anclaje, una forma de construir cualquier objeto desde aquí y desde ahora. Esto sería una forma de anacronismo como el que valoraba Walter Benjamin,
cuando destacaba la presentación de las obras “en el tiempo que las conoce, es decir, en nuestro tiempo”, y no sólo contentarse con mostrar el contexto del origen de las cosas.
Esta forma de anacronismo para la creación de una contemporaneidad intersubjetiva, permite acoger el pasado en el presente, el allá en el aquí, el entonces en el ahora… permite dar sentido al pasado en el
presente. Es en este sentido que partiendo de un principio material y adquirido, de un estado actual (colecciones museísticas del pasado y del presente, de aquí y de allá), este estudio sugiere una forma de
conciliar las oposiciones binarias. Así, sin cuestionar la propiedad de las colecciones, sin entrar en el debate sobre la conservación o restitución de los objetos, en definitiva, desdibujando las dicotomías,
este trabajo constituye una propuesta de descolonización del museo basada en la liberación del tiempo.
Summary:
What contemporary representations do we find when visiting a museum of ethnography in Europe?
Focusing on this question, this work proposes an analysis of the uses of time of ethnographic museums. In order to do so, we start from the observation of different permanent and temporary exhibitions in
seven museums in Europe: the Musée d’ethnographie de Genève and the Musée d’ethnographie de Neuchâtel (Switzerland), the Musée de l’Homme and the Musée du quai Branly-Jacques Chirac (France), the Museo de América, the Museo Nacional de Antropología and the Museo Etnológico y de Culturas Mundo of Barcelona (Spain). These museums, although they currently have very different sizes, forms and projects, share a fundamental characteristic: their colonial origins, which gave rise to common practices regarding the use of time in the production of representations of otherness.
The first part of the research is devoted to the analysis of the exhibition display as a whole, in order to elaborate a panoramic view of the construction and dilution of time in permanent exhibitions; in this
way, we note a use of suspended or neutralized time in the production of representations of alterity. We then close the focus to concentrate on the present as a time period and its representation in the
collections; in doing so, we seek to sketch out the contemporary intellectual objects of museum anthropology and ask ourselves whether the objects of the present, in addition to being recent objects,
are also contemporary objects. Finally, in the third part of the research, we focus again on the exhibition display, understanding the exhibition as a place of presence, where relationships between subjects and
objects are created, now focusing on contemporary constructions, and on a use of time to approach an object.
It is thus that, finally, we see the objective of “identifying the contemporary representations” fully unfold. On the one hand, we can understand it as the representation of the contemporary of otherness:
here the contemporary takes on a periodic meaning, relative to the present and therefore susceptible of becoming an object. On the other hand, we understand the objective as a contemporary representation
of otherness, that is to say as a way of constructing the object. From this point of view, the present is not only an object but also an anchor point, a way of constructing any object from the here and now.
This would be a form of anachronism like the one advocated by Walter Benjamin when he emphasized the presentation of works "in the time that knows them, that is, in our time", and not to be satisfied with
showing things only in their original context.
This form of anachronism is the basis of an intersubjective contemporaneity that can take place in the exhibition, a relationship to time that allows us to welcome the past in the present, the there in the here, the then in the now... In this sense and considering the current state of museums - holding ethnographic collections of the past and the present, of here and there - this study suggests a reconciliation of binary oppositions, a proposal for the decolonization of the museum based on the liberation of time.
d'ethnographie. Pour ce faire, nous partons de l'observation de différentes expositions permanentes et temporaires dans sept musées en Europe ; à savoir : le Musée d’ethnographie de Genève et celui de
Neuchâtel (Suisse), le Musée de l’Homme et le Musée du quai Branly-Jacques Chirac (France), et, le Museo de América, le Museo Nacional de Antropología et le Museo Etnológico y de Culturas Mundo
de Barcelone (Espagne). Ces musées, bien qu'ils aient actuellement des tailles, des formes et des projets très différents, partagent une caractérisique fondamentale : leurs origines coloniales qui ont donné lieu
à des pratiques communes concernant le rapport au temps dans la production de représentations de l'altérité.
La première partie de la recherche est consacrée à l'analyse du dispositif d'exposition dans sa totalité, afin d'élaborer une vue panoramique de la construction et de la dilution du temps dans les expositions permanentes ; c'est ainsi que nous constatons un usage du temps suspendu ou neutralisé dans la production des représentations de l’altérité. Nous fermons ensuite la focale pour nous concentrer sur le
présent en tant que période et sa représentation dans les collections ; ce faisant, nous cherchons à esquisser les objets intellectuels contemporains de l'anthropologie muséale et à savoir si les objets du
présent, en plus d’être des objets récents, sont aussi des objets contemporains. Enfin, dans la troisième partie de la recherche, nous nous penchons à nouveau sur le dispositif total, en comprenant l'exposition comme un lieu de présence, où se créent des relations entre sujets et objets, en mettant cette fois l'accent sur les constructions contemporaines, et sur un usage du temps pour rapprocher l'objet.
C'est ainsi que, finalement, nous voyons se déployer complètement l'objectif d’identifier les représentations contemporaines. D’une part, nous pouvons le comprendre comme la représentation du
contemporain de l’altérité : ici le contemporain prend un sens périodique, relatif au présent et donc susceptible de devenir un objet. D’autre part, nous comprenons cet objectif comme la représentation contemporaine de l’altérité, c’est-à-dire comme une manière de construire l’objet. De ce point de vue, le présent n’est pas seulement un objet mais aussi un point d’ancrage, une façon de construire n’importe quel objet à partir de l’ici et maintenant. Ce serait une forme d’anachronisme comme celui préconisé par Walter Benjamin lorsqu’il mettait en valeur la présentation des oeuvres « dans le temps qui les connait, c’est-à-dire dans notre temps », et de ne pas se contenter de montrer les choses seulement dans leur contexte d’origine.
Cette forme d’anachronisme est la base d’une contemporanéité intersubjective qui peut prendre place dans l’exposition, un rapport au temps qui permet d'accueillir le passé dans le présent, le là-bas dans
l’ici, l’autrefois dans le maintenant... En ce sens et en partant de l'état actuel des musées – avec des collections ethnographiques du passé et du présent, d'ici et de là-bas –, cette étude suggère une
réconciliation des oppositions binaires, une proposition de décolonisation du musée basée sur la libération du temps.
Resumen:
¿Qué representaciones contemporáneas de la alteridad encontramos al visitar un museo de etnografía en Europa? Indagando en esta duda, este trabajo propone un análisis de los usos del tiempo de los museos de etnografía. Para ello partimos de la observación de diferentes exposiciones permanentes y temporales en siete museos entre España, Francia y Suiza; museos que, aunque en la actualidad tienen
tamaños, formas y proyectos muy diferentes, comparten un rasgo fundamental, unos orígenes coloniales que han dado lugar a prácticas comunes en cuanto al uso del tiempo en la producción de las
representaciones de la alteridad.
La investigación está dividida en tres partes, la primera se consigue analizando el dispositivo de exposición en su totalidad para elaborar una panorámica sobre la construcción y dilución del tiempo en las exposiciones permanentes; en este primer paso constatamos el uso del tiempo suspendido o neutralizado en la construcción de las representaciones de la alteridad. La segunda parte requiere cerrar
el foco para concentrarnos en el presente como periodo y en su representación en las colecciones; con ello buscamos bocetar los objetos intelectuales contemporáneos de la antropología muséal y abrir la cuestión de si los objetos del presente a demás de objetos recientes son objetos contemporáneos. Finalmente, en la tercera parte volvemos a observar el dispositivo total, entendiendo la exposición como
un lugar de presencia, donde se crean relaciones entre sujetos y objetos, esta vez poniendo el acento en las construcciones contemporáneas, y en un uso del tiempo para acercar al objeto.
Es así como al final vemos desdoblarse por completo el objetivo de identificar las representaciones contemporáneas. Por un lado, podemos entenderlo como la representación de lo contemporáneo de la
alteridad: aquí lo contemporáneo toma una acepción periódica, relativa al presente y por tanto susceptible a devenir objeto. Por otro lado, entendemos este objetivo como la representación contemporánea de la alteridad, es decir, como una forma de construir el objeto. Desde este punto de vista el presente no es sólo un objeto sino también un anclaje, una forma de construir cualquier objeto desde aquí y desde ahora. Esto sería una forma de anacronismo como el que valoraba Walter Benjamin,
cuando destacaba la presentación de las obras “en el tiempo que las conoce, es decir, en nuestro tiempo”, y no sólo contentarse con mostrar el contexto del origen de las cosas.
Esta forma de anacronismo para la creación de una contemporaneidad intersubjetiva, permite acoger el pasado en el presente, el allá en el aquí, el entonces en el ahora… permite dar sentido al pasado en el
presente. Es en este sentido que partiendo de un principio material y adquirido, de un estado actual (colecciones museísticas del pasado y del presente, de aquí y de allá), este estudio sugiere una forma de
conciliar las oposiciones binarias. Así, sin cuestionar la propiedad de las colecciones, sin entrar en el debate sobre la conservación o restitución de los objetos, en definitiva, desdibujando las dicotomías,
este trabajo constituye una propuesta de descolonización del museo basada en la liberación del tiempo.
Summary:
What contemporary representations do we find when visiting a museum of ethnography in Europe?
Focusing on this question, this work proposes an analysis of the uses of time of ethnographic museums. In order to do so, we start from the observation of different permanent and temporary exhibitions in
seven museums in Europe: the Musée d’ethnographie de Genève and the Musée d’ethnographie de Neuchâtel (Switzerland), the Musée de l’Homme and the Musée du quai Branly-Jacques Chirac (France), the Museo de América, the Museo Nacional de Antropología and the Museo Etnológico y de Culturas Mundo of Barcelona (Spain). These museums, although they currently have very different sizes, forms and projects, share a fundamental characteristic: their colonial origins, which gave rise to common practices regarding the use of time in the production of representations of otherness.
The first part of the research is devoted to the analysis of the exhibition display as a whole, in order to elaborate a panoramic view of the construction and dilution of time in permanent exhibitions; in this
way, we note a use of suspended or neutralized time in the production of representations of alterity. We then close the focus to concentrate on the present as a time period and its representation in the
collections; in doing so, we seek to sketch out the contemporary intellectual objects of museum anthropology and ask ourselves whether the objects of the present, in addition to being recent objects,
are also contemporary objects. Finally, in the third part of the research, we focus again on the exhibition display, understanding the exhibition as a place of presence, where relationships between subjects and
objects are created, now focusing on contemporary constructions, and on a use of time to approach an object.
It is thus that, finally, we see the objective of “identifying the contemporary representations” fully unfold. On the one hand, we can understand it as the representation of the contemporary of otherness:
here the contemporary takes on a periodic meaning, relative to the present and therefore susceptible of becoming an object. On the other hand, we understand the objective as a contemporary representation
of otherness, that is to say as a way of constructing the object. From this point of view, the present is not only an object but also an anchor point, a way of constructing any object from the here and now.
This would be a form of anachronism like the one advocated by Walter Benjamin when he emphasized the presentation of works "in the time that knows them, that is, in our time", and not to be satisfied with
showing things only in their original context.
This form of anachronism is the basis of an intersubjective contemporaneity that can take place in the exhibition, a relationship to time that allows us to welcome the past in the present, the there in the here, the then in the now... In this sense and considering the current state of museums - holding ethnographic collections of the past and the present, of here and there - this study suggests a reconciliation of binary oppositions, a proposal for the decolonization of the museum based on the liberation of time.
Notes
, Doctorat, Université de Neuchâtel, Faculté des lettres et sciences humaines, Institut d'histoire de l'art et de muséologie
Identifiants
Type de publication
doctoral thesis
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