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Etayage et réciprocité : vers une notion interactionelle et socioculturelle des procédés de support dans l'apprentissage langagier
Date de parution
2005
In
Le français dans le monde
Vol.
janvier 2005
De la page
85
A la page
93
Résumé
Les notions de médiation sociale et d'étayage servent depuis des années d'instruments conceptuels dans l'investigation sur les processus d'enseignement et d'acquisition/apprentissage dans l'interaction. Dans la recherche, les deux concepts tendent à être appliqués, de façon explicite ou implicite, à des situations où un locuteur expert aide un apprenant à surmonter des difficultés de production ou de compréhension sur le plan lexical et/ou grammatical. Or, on peut se demander si un tel usage ne réduit pas forcément la complexité des activités socio-interactionnelles de support qui permettent à l'apprenant de développer la capacité de s'engager dans la pratique sociale en L2.
Dans cette contribution, mon objectif est de réfléchir sur une notion des processus d'étayage qui tienne compte à côté de la pluralité des dimensions (linguistiques, pragmatiques, etc.) constitutives des espaces acquisitionnels, des apprentissages et des compétences langagières, également et de façon fondamentale de la réciprocité dans la construction des espaces et compétences et de leurs dimensions à la fois localement émergentes et socioculturellement façonnées.
Une analyse d'interactions en classe avancée de français L2 en contexte germanophone servira à étayer cette notion. L'analyse s'inspirera d'une approche socioculturelle du développement cognitif et d'une approche interactionniste du discours. Sur cette base, je chercherai à esquisser une notion de l'étayage qui puisse rendre compte du fait que ce qui est en jeu dans l'interaction sociale et dans l'acquisition du langage ne sont pas uniquement des ressources linguistiques, mais aussi des modes de coopération sociale et de coordination mutuelle des activités au sein de cultures communicatives spécifiques - une notion, donc, qui est radicalement opposée à une conception unidirectionnelle du rapport entre expert et apprenant selon laquelle l'aide et l'expertise iraient de l'un vers l'autre.
Dans cette contribution, mon objectif est de réfléchir sur une notion des processus d'étayage qui tienne compte à côté de la pluralité des dimensions (linguistiques, pragmatiques, etc.) constitutives des espaces acquisitionnels, des apprentissages et des compétences langagières, également et de façon fondamentale de la réciprocité dans la construction des espaces et compétences et de leurs dimensions à la fois localement émergentes et socioculturellement façonnées.
Une analyse d'interactions en classe avancée de français L2 en contexte germanophone servira à étayer cette notion. L'analyse s'inspirera d'une approche socioculturelle du développement cognitif et d'une approche interactionniste du discours. Sur cette base, je chercherai à esquisser une notion de l'étayage qui puisse rendre compte du fait que ce qui est en jeu dans l'interaction sociale et dans l'acquisition du langage ne sont pas uniquement des ressources linguistiques, mais aussi des modes de coopération sociale et de coordination mutuelle des activités au sein de cultures communicatives spécifiques - une notion, donc, qui est radicalement opposée à une conception unidirectionnelle du rapport entre expert et apprenant selon laquelle l'aide et l'expertise iraient de l'un vers l'autre.
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Type de publication
journal article