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Henry, Philippe
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Henry, Philippe
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Professeur honoraire
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philippe.henry@unine.ch
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- PublicationAccès libreDes solidarités coutumières à la bienfaisance privée: l'Etat et les pauvres à Neuchâtel (1773-1830)(2009)
;Christ, ThierryNon pas décrire, comprendre ou qualifier les réalités de la pauvreté et de l’assistance, mais déterminer si, comment et pourquoi le besoin d’aide matérielle, et les réponses qui lui étaient apportées, étaient ou n’étaient pas, auraient pu ou n’auraient pas pu être une affaire d’Etat : c’est à cette question, à l’exemple de la principauté de Neuchâtel, en Suisse, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, qu’est consacrée la présente thèse, dont les conclusions principales sont exposées aux p. 1289-1296. L’étude, basée notamment, mais pas uniquement, sur les procès-verbaux des séances du gouvernement cantonal (Manuels du Conseil d’Etat), est articulée en deux parties. La première partie est consacrée au « système ancien » de la protection sociale à Neuchâtel. Les deux premiers chapitres sont de nature introductive : à partir, notamment, des réponses à une enquête de 1802-1803 sur l’assistance dans la principauté, ils s’attachent à décrire les réalités de la pauvreté et de l’assistance à Neuchâtel à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Consacré à déterminer si, avant la césure de 1815, l’Etat neuchâtelois s’occupait ou ne s’occupait pas des phénomènes de pauvreté et de la façon dont les communes assistaient leurs ressortissants, le chapitre III met notamment en évidence l’apparition, vers 1800-1815, de ce que nous avons appelé le souci des pauvres : l’action de l’Etat, jusqu’alors routinière et de nature exhortative, se déploie désormais sur le mode de l’ordre et elle est motivée par le souci, nouveau, de savoir les pauvres suffisamment assistés. La seconde partie porte sur les années 1800-1830, période à l’issue de laquelle on peut considérer que le système ancien a été remplacé par une organisation nouvelle. Le chapitre IV s’attache à documenter l’existence, et l’échec, à Neuchâtel de projets de réforme de l’assistance inspirés des modèles diffusés par la littérature européenne du moment, ces projets de réforme allant jusqu’à prendre la forme de propositions discutées par le Conseil d’Etat et de deux projets de mise en œuvre effective au Locle entre 1808 et 1812. Se heurtant à des obstacles financiers et institutionnels, ces projets de « disciplinarisation », de mise au travail forcée des pauvres comme moyen de faire disparaître la mendicité, en même temps que de réorganisation de l’assistance communale, échouent, au moment où aboutissent des projets moins ambitieux (caisse d’épargne, assurance contre les incendies), qui sont examinés au chapitre V : portés par le secteur « para-gouvernemental », ces projets attestent à la fois de l’existence d’une innovation effective, qui se déploie en marge de l’Etat, et de la disparition de solidarités anciennes, au profit d’une individualisation croissante, d’un recours plus marqué à la responsabilité individuelle. A l’innovation en échec (chap. IV) et à l’innovation en marge de l’Etat (chap. V) s’ajoute, enfin, décisive, l’innovation effective qu’est, entre 1810 et 1830, l’émergence de la bienfaisance privée (chap. VI), examinée sur la base de plusieurs exemples, dans le but de comprendre à la fois l’échec des projets de réforme disciplinarisante inspirés par les modèles européens et la place, en termes de système, qu’occupe cette nouvelle forme d’aide aux pauvres dans l’organisation de la protection sociale qui se met en place à Neuchâtel durant ces deux décennies. En même temps que naît et croît une bienfaisance privée nouvelle et vigoureuse, l’Etat refuse définitivement de régler de manière uniforme, dans tout le canton, l’assistance communale (chap. VII) : dicté en particulier par des considérations de classe, par le refus d’un modèle qui obligerait à recourir à une fiscalisation du financement du système, ce choix, équivalant à la disparition du souci des pauvres né dans les années 1800-1815, s’accompagne d’un abandon de velléités pourtant fortement affirmées de criminaliser la pauvreté et de soumettre les indigents à des mesures de contrainte spécifiques aux pauvres. - PublicationAccès libreLa Suisse coloniale ? : les représentations de l'Afrique et des Africains en Suisse au temps des colonies (1880-1939)Affirmer que la Suisse est coloniale ne se mesure pas seulement dans l’étude des mouvements migratoires, dans l’analyse des flux économiques et dans la recherche sur les traces laissées par de nombreux Suisses dans les pays colonisés. La population suisse a partagé une opinion communément admise de domination et un esprit de supériorité par rapport aux pays et aux peuples colonisés. L’analyse des supports populaires devient indispensable et nécessite de dépasser le cadre strict du champ politique et des courants historiographiques traditionnels. Au coeur des représentations des Africains en Suisse, la nudité, la beauté, la force physique, les pratiques corporelles, les moeurs sexuelles, les vêtements, les modes de vie sociaux et culturels sont des indicateurs usuels de la différence. Comprendre le passé colonial suisse implique donc, pour celui qui l’analyse, de modifier profondément son regard. Si la Suisse est coloniale, c’est qu’elle possède une mentalité coloniale qu’elle alimente de façon autonome, en recourant aux divers supports que le discours colonial produit. Pour qualifier l’attitude coloniale des Suisses, il convient donc de changer d’optique. On ne peut véritablement comprendre l’expression de la «chose coloniale» en Suisse en faisant l’économie d’une étude complète de l’imaginaire et des représentations mentales. Les véritables mécanismes de la Suisse coloniale sont visibles lorsque des séries sont établies entre les différentes sources comprises entre 1870 à 1939, c’est-à -dire à l’acmé des impérialismes. Le paradigme qui consiste à affirmer que sans conquête, le colonialisme n’existe pas — pas même dans les esprits —, laisse planer un sérieux doute : comment expliquer dans ce cas l’étonnante présence de documents et desupports stigmatisant l’Africain, alors que la Suisse n’a jamais possédé de colonies ni de territoires extra-européens ? Les sources iconographiques et textuelles prouvent qu’il est faux de penser que la Suisse échappe à l’esprit colonial dominant. Le fait colonial est un excellent moyen de comprendre les rapports des Suisses au monde et de saisir la façon dont le citoyen helvétique perçoit l’altérité. Au-delà du fait colonial, les stéréotypes dévolus aux Africains dépassent les strictes limites de la discrimination raciale, de la hiérarchisation des races et de la catégorisation des sociétés. Le concept de colonialité de la Suisse mérite amplement sa place dans le champ de l’histoire culturelle suisse.
- PublicationAccès libreEn quête d'une identité nationale...: la mise en scène du sentiment national lors du Tir fédéral de 1863 à La Chaux-de-Fonds(2005)
;Kern, GillianeAu XIXe siècle, la pratique du tir en Suisse contribue à la formation d’une identité nationale. Par conséquent, les républicains neuchâtelois organisent en 1863 un tir fédéral à La Chaux-de-Fonds pour amener l’amour de la patrie dans le canton; devenu entièrement suisse en 1848. Ce mémoire étudie tant les véhicules du patriotisme que les thèmes abordés. Il se propose également d’aborder les « émetteurs » et les « récepteurs » de l’idéologie véhiculée dans ces fêtes populaires. - PublicationAccès libre