Histoire globale et transfert d'objets : étude d'un groupe de tissus orientaux du Xème-XIIeme siècle
Publisher
Université de Neuchâtel
Date issued
2025
Number of pages
357 p.
Subjects
Rayy soies médiévales circulation des textiles trésors d’églises culture matérielle techniques de tissage échanges interculturels dynastie būyide medieval silks textile circulation church treasuries material culture weaving techniques intercultural exchanges Būyid dynasty
Abstract
Cette thèse examine un groupe de soies orientales médiévales, les taffetas doublé liseré à liage vertical, comme un exemple de transfert d’objets à l’échelle globale durant le Moyen Âge. L’objectif principal était d’analyser les fragments de ce corpus sous l’angle de la technique de tissage et du style, afin de déterminer leur lieu et leur période de production ainsi que leur contexte de circulation vers l’Europe.
Différentes hypothèses avaient été avancées sur leur origine, notamment l’Irān (Rayy), l’ʿIrāq, l’Égypte et la Syrie. L’étude a montré que ces textiles présentent des similitudes marquées en termes de qualité des fils, de technique de tissage et de motifs décoratifs. Cette homogénéité suggère qu’ils proviennent d’un même atelier, probablement situé à Rayy. Leurs motifs combinent des influences sassanides et achéménides avec des éléments de l’art islamique, reflétant ainsi une période de transition culturelle entre la tradition persane et les nouveaux codes esthétiques islamiques.
La datation de ces tissus, établie grâce à des comparaisons stylistiques et à des analyses au carbone 14, situe leur production entre la fin du IVème/Xème et le début du Vème/XIème siècle, sous le règne des Būyides. La systématisation du décor à rayures sur certains tissus de ce corpus rappelle celle des mihrābs Iraniens de la même période, renforçant ainsi cet ancrage chronologique.
Enfin, ces textiles illustrent un échange interculturel dynamique. Transportés de Rayy vers l’Occident dès le Moyen Âge, ils ont également été valorisés sur le marché de l’art au XXème siècle. Dans les deux cas, leur attrait reposait moins sur leur contexte de production que sur leur esthétique et leur exotisme, témoignant ainsi du rôle des intermédiaires – marchands et collectionneurs – dans la redéfinition du sens et de la valeur des objets à travers les époques.
Différentes hypothèses avaient été avancées sur leur origine, notamment l’Irān (Rayy), l’ʿIrāq, l’Égypte et la Syrie. L’étude a montré que ces textiles présentent des similitudes marquées en termes de qualité des fils, de technique de tissage et de motifs décoratifs. Cette homogénéité suggère qu’ils proviennent d’un même atelier, probablement situé à Rayy. Leurs motifs combinent des influences sassanides et achéménides avec des éléments de l’art islamique, reflétant ainsi une période de transition culturelle entre la tradition persane et les nouveaux codes esthétiques islamiques.
La datation de ces tissus, établie grâce à des comparaisons stylistiques et à des analyses au carbone 14, situe leur production entre la fin du IVème/Xème et le début du Vème/XIème siècle, sous le règne des Būyides. La systématisation du décor à rayures sur certains tissus de ce corpus rappelle celle des mihrābs Iraniens de la même période, renforçant ainsi cet ancrage chronologique.
Enfin, ces textiles illustrent un échange interculturel dynamique. Transportés de Rayy vers l’Occident dès le Moyen Âge, ils ont également été valorisés sur le marché de l’art au XXème siècle. Dans les deux cas, leur attrait reposait moins sur leur contexte de production que sur leur esthétique et leur exotisme, témoignant ainsi du rôle des intermédiaires – marchands et collectionneurs – dans la redéfinition du sens et de la valeur des objets à travers les époques.
This dissertation examines a group of medieval Oriental silks— namely taffetas doublé liseré à liage vertical— an example of the global transfer of objects during the Middle Ages. The primary aim is to analyze the fragments of this corpus through their weaving techniques and stylistic features in order to determine their place and period of production, as well as the context of their circulation toward Europe.
Several hypotheses have previously been proposed regarding their origin, including Irān (Rayy), ʿIrāq, Egypt, and Syria. This study demonstrates that these textiles share strong similarities in yarn quality, weaving technique, and decorative motifs. Such homogeneity suggests production within a single workshop or a small group of workshops, most likely located in Rayy. Their decorative repertoire combines Sasanian and Achaemenid influences with elements of Islamic art, reflecting a transitional cultural phase between Persian artistic traditions and emerging Islamic aesthetic conventions.
The dating of these textiles—established through stylistic comparison and radiocarbon (C-14) analysis—places their production between the late 4th/10th and early 5th/11th centuries, during the Buyid period. The organization of the decorative surface into vertical striped decorative schemes observed on certain textiles of this corpus closely parallels that of Iranian mihrābs from the same period, thereby reinforcing this chronological framework. Finally, these textiles illustrate a dynamic process of intercultural exchange. Transported from Rayy to the West as early as the Middle Ages, they were also valorized on the twentieth-century art market In both cases, their appeal lay less in their original production context than in their aesthetic qualities and perceived exoticism, attesting to the role of intermediaries—merchants and collectors—in redefining the meaning and value of objects across time.
Several hypotheses have previously been proposed regarding their origin, including Irān (Rayy), ʿIrāq, Egypt, and Syria. This study demonstrates that these textiles share strong similarities in yarn quality, weaving technique, and decorative motifs. Such homogeneity suggests production within a single workshop or a small group of workshops, most likely located in Rayy. Their decorative repertoire combines Sasanian and Achaemenid influences with elements of Islamic art, reflecting a transitional cultural phase between Persian artistic traditions and emerging Islamic aesthetic conventions.
The dating of these textiles—established through stylistic comparison and radiocarbon (C-14) analysis—places their production between the late 4th/10th and early 5th/11th centuries, during the Buyid period. The organization of the decorative surface into vertical striped decorative schemes observed on certain textiles of this corpus closely parallels that of Iranian mihrābs from the same period, thereby reinforcing this chronological framework. Finally, these textiles illustrate a dynamic process of intercultural exchange. Transported from Rayy to the West as early as the Middle Ages, they were also valorized on the twentieth-century art market In both cases, their appeal lay less in their original production context than in their aesthetic qualities and perceived exoticism, attesting to the role of intermediaries—merchants and collectors—in redefining the meaning and value of objects across time.
Notes
UniNE, FLSH, Institut d'histoire de l'art et muséologie, soutenue le 12 décembre 2025
Publication type
doctoral thesis
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Pourboghrat Rava - Histoire globale et transfert d'objets UniNE THESE 2025.pdf
Type
Main Article
Size
41.29 MB
Format
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