Un style, un architecte : une construction formatrice ? La Villa Fallet dans l’oeuvre architecturale de Le Corbusier
Author(s)
Pellegrini Schuwey, Daniela
Date issued
June 2023
Number of pages
124
Subjects
Villa Fallet Le Corbusier Charles L’Eplattenier architecture régionaliste Ecole d’art de La Chaux-de-Fonds œuvre d’art totale pédagogie artistique patrimoine neuchâtelois Louis Houriet André Evard Octave Matthey regionalist architecture La Chaux-de-Fonds School of Art total work of art artistic pedagogy Neuchâtel heritage
Abstract
La Villa Fallet, érigée au début du XXe siècle à La Chaux-de-Fonds, constitue une œuvre majeure de l’architecture régionale et une étape fondatrice dans le parcours du jeune Charles-Édouard Jeanneret, futur Le Corbusier. Au-delà d’une simple maison, elle symbolise le renouveau artistique insufflé par le peintre et enseignant, Charles L’Eplattenier à l’École d’art des Montagnes neuchâteloises. Le maître cherche à créer un style régional inspiré de la nature jurassienne environnante, mêlant architecture, décoration, mobilier et artisanat dans l’esprit de l’« œuvre d’art totale ».
L’Eplattenier exerce une influence décisive sur ses élèves grâce à une pédagogie innovante fondée sur l’observation de la nature et sur les théories de penseurs comme Ruskin, Jones ou Grasset. Parmi ses étudiants figure Jeanneret, qu’il incite à se tourner vers l’architecture. Pour ses élèves, il obtient la commande de la Villa Fallet pour l’entrepreneur Louis-Édouard Fallet. Bien que très jeune et encore inexpérimenté, Jeanneret – à la tête du projet – bénéficie d’une grande liberté d’action. L’architecte René Chapallaz intervient cependant pour fournir l’appui technique nécessaire à la réalisation des plans.
La construction de la villa est aussi une aventure collective. Plusieurs étudiants de l’École d’art, dont André Evard, Louis Houriet et Octave Matthey, participent avec certitude aux décors et à certains travaux. Cette collaboration illustre l’esprit communautaire encouragé par L’Eplattenier, où la pratique « du terrain » complète l’enseignement théorique. Toutefois, les archives demeurent lacunaires et rendent difficile l’identification précise des contributions de chacune et chacun, y compris celles des étudiantes et des étudiants de la classe du futur architecte.
Les rares photographies conservées témoignent de la richesse décorative originelle de la villa, largement inspirée des ouvrages disponibles à la bibliothèque de l’École d’art. Si une grande partie de ces décors a disparu lors de rénovations au cours des années 1920 et 1930, l’architecture extérieure est restée presque intacte. L’harmonie des volumes et la qualité de conception demeurent remarquables plus d’un siècle après la construction.
Cette « aventure de jeunesse » constitue une expérience fondamentale dans la formation intellectuelle de Le Corbusier. Même s’il évoquera peu ses années chaux-de-fonnières, plusieurs idées présentes dans son architecture moderne trouvent leur origine dans cet apprentissage régionaliste et dans cette première expérience de chantier. La Villa Fallet apparaît ainsi comme un laboratoire artistique et pédagogique essentiel, à la fois témoin du patrimoine neuchâtelois et point de départ de l’évolution d’un futur maître de l’architecture moderne.
L’Eplattenier exerce une influence décisive sur ses élèves grâce à une pédagogie innovante fondée sur l’observation de la nature et sur les théories de penseurs comme Ruskin, Jones ou Grasset. Parmi ses étudiants figure Jeanneret, qu’il incite à se tourner vers l’architecture. Pour ses élèves, il obtient la commande de la Villa Fallet pour l’entrepreneur Louis-Édouard Fallet. Bien que très jeune et encore inexpérimenté, Jeanneret – à la tête du projet – bénéficie d’une grande liberté d’action. L’architecte René Chapallaz intervient cependant pour fournir l’appui technique nécessaire à la réalisation des plans.
La construction de la villa est aussi une aventure collective. Plusieurs étudiants de l’École d’art, dont André Evard, Louis Houriet et Octave Matthey, participent avec certitude aux décors et à certains travaux. Cette collaboration illustre l’esprit communautaire encouragé par L’Eplattenier, où la pratique « du terrain » complète l’enseignement théorique. Toutefois, les archives demeurent lacunaires et rendent difficile l’identification précise des contributions de chacune et chacun, y compris celles des étudiantes et des étudiants de la classe du futur architecte.
Les rares photographies conservées témoignent de la richesse décorative originelle de la villa, largement inspirée des ouvrages disponibles à la bibliothèque de l’École d’art. Si une grande partie de ces décors a disparu lors de rénovations au cours des années 1920 et 1930, l’architecture extérieure est restée presque intacte. L’harmonie des volumes et la qualité de conception demeurent remarquables plus d’un siècle après la construction.
Cette « aventure de jeunesse » constitue une expérience fondamentale dans la formation intellectuelle de Le Corbusier. Même s’il évoquera peu ses années chaux-de-fonnières, plusieurs idées présentes dans son architecture moderne trouvent leur origine dans cet apprentissage régionaliste et dans cette première expérience de chantier. La Villa Fallet apparaît ainsi comme un laboratoire artistique et pédagogique essentiel, à la fois témoin du patrimoine neuchâtelois et point de départ de l’évolution d’un futur maître de l’architecture moderne.
Publication type
master thesis
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Pellegrini Daniela - Un style, un architecte UniNE MEMOIRE 2023.pdf
Type
Main Article
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