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    Les relations entre les musées d’ethnographie et les marchés de l’art africain et océanien en France, en Suisse et en Belgique : construire la valeur et s’approprier l’altérité
    (Neuchâtel : Université de Neuchâtel, 2018) ;
    Cette recherche interroge le champ des objets ethnographiques au prisme de leur circulation entre deux médiateurs situés entre leur production et leur réception : les musées d’ethnographie et les marchés de l’art. Aucune recherche scientifique ne s’est jusqu’à maintenant penchée en profondeur sur les relations entretenues entre ces deux intermédiaires dans le champ de l’art africain et océanien, si ce n’est pour décrire ou critiquer le cas précis de la fondation du Musée du quai Branly-Jacques Chirac. Mobilisant l’anthropologie et la muséologie, ma recherche est basée sur un travail de terrain intensif auprès des galeries, des maisons de ventes aux enchères et des musées en Suisse, en France et en Belgique entre 20013 et 2017. L’analyse, fondamentalement compréhensive, montre les enjeux territoriaux à l’oeuvre et souligne l’impact d’une montée de l’événementiel tant du côté des musées que des marchés. Ma recherche dresse un portrait du marché, de son fonctionnement et de ses hiérarchies à l’heure actuelle et propose une typologie des différentes relations et acteurs afin de comprendre le processus de fixation de la valeur des objets. Sur un marché où domine la spéculation et une grande part d’arbitraire, je montre que cette valeur est intimement liée à la maîtrise de l’information. Finalement, l’analyse met en évidence les « prêts-à-penser » et processus développés par l’entier des acteurs du champ pour rationaliser une partie de ces pratiques spéculatives. J’espère souligner dans cette recherche les formes nouvelles de production, d’appropriation, de consommation et de valorisation de l’altérité par notre société aujourd’hui.
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    De la réalité à la fiction : processus de création d'un film ethnographique à travers une expérience collaborative
    (Neuchâtel : Institut d'ethnologie, 2017-10-25)
    Mérillat, Ariane
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    Berton, Mireille
    Qu’est-ce qu’un documentaire ethnographique ? À quels codes répond-il ? Comment se démarque-t-il des autres documentaires vidéo ? Comment intégrer les dispositifs cinématographiques et l’influence du chercheur au sein de la narration ? Ce mémoire tente de répondre aux défis réflexifs qui se posent à l’anthropologue décidant de partager sa recherche à travers un objet filmique. À travers un long-métrage, Unique en son genre, j’ai voulu explorer des questionnements généraux liés au genre dans la société à travers des personnes transgenres mais également, j’ai sans cesse remis mon approche en question afin de reconsidérer ce que pouvait être un travail éthique. Ce texte qui accompagne le documentaire est composé de deux parties principales : un travail présentant les questions ethnologiques et un autre, la démarche de réalisation. La première partie de cet écrit propose une analyse anthropologique qui se présente sous la forme d’un retour critique et d’une explication sur l’expérience menée à travers la réalisation du documentaire. La deuxième consiste en une analyse du film, de sa structure et de mes choix déontologiques ainsi qu’esthétiques. La particularité de ma recherche réside, à mon avis, dans la démarche collaborative que j’ai élaborée avec les sujets du film. J’ai décidé, à l’image de Carl Rogers et de sa méthode ACP, d’impliquer les individus dans leur propre analyse. Il s’agissait alors de produire un film dans lequel les protagonistes ne se sentiraient jamais « utilisés » mais, au contraire, que leur regard sur leur propre performance me permettrait d’améliorer et reconsidérer mes rushs. S’il est impossible d’appliquer parfaitement un idéal théorique à un travail pratique, les connaissances et les questions soulevées dans ce mémoire écrit m’ont permis de tenir une certaine ligne de conduite dans la procédure de réalisation du film et d’élaborer des stratégies plus claires pour mes projets filmiques ultérieures.
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    Wadon, lanang tur banten: les offrandes à Bali, une répartition genrée des tâches
    (2011)
    Feller, Anaëlle
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    Ma recherche porte sur la pratique rituelle des offrandes à Bali dans une perspective genre. Elle démontre l’importance de cette pratique ancrée dans le social, la flexibilité des rôles dans les faits et la complexité de l’analyse des rapports de sexe. La notion de genre est utilisée en tant que processus social qui produit et reproduit le genre en abordant la socialisation différentielle dans l’apprentissage de la fabrication d’offrandes, et en tant que système structurant qui organise la société en décrivant la répartition des tâches dans la préparation des offrandes. L’objet de ma recherche est d’abord situé, mettant ainsi en évidence les structures et les valeurs sociales, ainsi que le contexte religieux, dans lesquels s’inscrivent les individus rencontrés et la pratique observée. Je définis ensuite les offrandes et leur usage avant d’expliquer comment s’est transmis pour les individus interrogés le savoir-faire et le savoir symbolique par l’apprentissage de la création d’offrandes et de constater une attribution des activités selon le sexe. L’identification des rôles des individus sur le terrain dans la préparation des offrandes est obtenue par l’observation et par les représentations des rôles féminins et masculins formulées par les acteurs•trices dans leurs discours. Ces rôles, expliqués par le sens commun, sont mis en rapport avec les rôles fixés par la norme. L’analyse des rapports homme-femme est d’abord effectuée dans une perspective matérialiste de la répartition genrée des tâches relatives aux offrandes, puis étendue à l’organisation sociale. Puis, je questionne les différentes notions utilisées telles que hiérarchie, valorisation, sphères publique et privée, prestige, pouvoir en les définissant selon le contexte local afin d’éviter le biais eurocentrique. Ma démarche démontre que l’usage des modèles théoriques et des notions utilisées doit être fait avec précaution et propose de nouvelles pistes de recherche.
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    Worldwide United. Construire le monde du hardcore
    (2010)
    Müller, Alain
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    Marcus, George
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    Becker, Howard S.
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    Ce travail vise à la compréhension des phénomènes circulatoires qui permettent l’existence globale du hardcore punk. Selon les discours indigènes, qui participent d’un mythe fondateur plus ou moins stable autour duquel s’articulent des définitions plurielles et inexhaustibles de ce qu’est le hardcore punk, et de ce qu’il n’est pas, ce mouvement trouve ses principales origines dans deux sous-cultures : skinhead et punk. Ainsi, les conventions musicales, esthétiques, idéologiques et philosophiques du hardcore punk, aujourd’hui abrégé hardcore, légitimées par cet héritage, participent de différentes dimensions : une musique électrique et agressive, un discours contestataire et une organisation économique alternative, héritage du punk, d’une part, et une certaine violence virile typique des skinheads, de l’autre. Bien que ce mythe fondateur place l’origine du hardcore sur la côte est des Etats-Unis au début des années 1980, il est aujourd’hui vécu et performé par des milliers de hardcore kids – ainsi qu’ils se nomment eux-mêmes – dans une dimension internationale, et ce d’une manière étonnamment homogène. Mon enquête ethnographique, qui repose à la fois sur une approche multisituée, engagée notamment au Japon, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Belgique, en Suède et en Suisse et sur un travail de tracking des trajectoires des acteurs humains et non humains qui participent à la coproduction de l’existence globale du hardcore, permet de mieux visualiser la forme et le fonctionnement de ce réseau. Celui-ci se caractérise par une intense circulation de personnes (groupes musicaux en tournée mais aussi voyageurs "indépendants") et d’objets matériels (diques, vidéos et DVDs, journaux et ouvrages indigènes, vêtements à l’effigie des groupes, etc.) au travers de lignes de flux multidirectionnels reliant les différents noeuds que constituent les lieux où le hardcore se vit et se construit (salles de concert, points de rencontre, etc). Afin d’en proposer une représentation modélisée, je me sers de la notion deleuzienne de "rhizome" comme outil heuristique.