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    La féminisation de la migration : étude de cas des Nicaraguayennes en Suisse
    (2023-09)
    Bucardo Chavez, Ariadna
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    Les années 1980 ont marqué un tournant dans les études sur les migrations. Les chercheur- euse-s sont surpris lorsqu’iels commencent à observer le nombre croissant de femmes dans les flux internationaux. C’est à ce moment-là que les recherches commencent à les visibiliser dans la migration et à les considérer comme actrices de leurs parcours migratoires. Au cours de ces années est apparu le concept de « féminisation de la migration » et la grande question pour les chercheur-euse-s est de comprendre si nous sommes réellement confrontés à ce phénomène, étant donné qu’en 1960 les femmes représentaient le 46,6% des migrant-e-s internationaux-ales et selon les derniers chiffres de 2020, elles représentaient le 48,1 %, soit une augmentation modeste. Néanmoins, c’est l’aspect qualitatif qui est considéré aujourd’hui, c’est-à-dire que l’on considère que les formes de la migration ont changé. De plus en plus de femmes émigrent de manière indépendante, autonome, en tant qu’actrices de leur propre migration et en tant que cheffes de famille et d’une chaîne migratoire. À travers l'étude de cas des Nicaraguayennes en Suisse ce mémoire vise à comprendre dans quels cas nous sommes confrontés à une « féminisation de la migration ». Il s'agit ensuite d'examiner l'immigration nicaraguayenne dans la Confédération, qui se caractérise par une forte composante féminine. Nous pouvons ainsi les décrire et les considérer comme un groupe avec ses propres projets, ses propres motivations, comme protagonistes de la migration, etc. Tout ceci permet également d'inclure des approches de genre, comme le suggèrent les chercheur-euse-s.
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    « C’est pour ça que j’ai quitté la Suisse » : Étude mixte des « mouvements secondaires irréguliers » au départ de la Suisse, en direction d’autres États membres de l’UE/AELE
    (2021-02)
    Minguely, Morgane Éléonore
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    La thématique des « mouvements secondaires irréguliers » au sein de l’Union européenne (UE) et de l’Association européenne de libre-échange (AELE) n’est pas tout à fait récente. Depuis la fin du XXème siècle, elle a fait l’objet d’un petit nombre de recherches en sciences sociales, adoptant majoritairement un point de vue macrosociologique. Très peu d’entre elles portent toutefois sur la Suisse. Basée sur des données quantitatives et qualitatives, la recherche présentée dans le cadre de ce mémoire de Master traite des « mouvements secondaires irréguliers » au départ de la Suisse, en direction d’autres États membres de l’UE/AELE, d’un point de vue microsociologique. L’objectif de cette recherche est de mieux comprendre ces mouvements au moyen de trois angles d’approche différents : les profils des personnes qui entreprennent de pareils mouvements, les raisons qui les poussent à réaliser ces mouvements et leurs façons de percevoir leur situation actuelle. Il ressort de cette recherche que ces mouvements seraient entrepris avant tout par des hommes âgés de 18 à 30 ans environ. Les pays d’origine les plus représentés lors de ces mouvements seraient l’Érythrée et l’Afghanistan. Quant au statut légal détenu auparavant en Suisse, il s’agirait principalement du permis N (requérant-e d’asile). Par ailleurs, les résultats issus de cette recherche indiquent également que la raison principale d’entamer ces mouvements résiderait dans l’absence de (meilleur) permis de séjour en Suisse. En effet, ne posséder aucun permis de séjour ou en détenir un estimé insatisfaisant inciterait de nombreuses personnes à tenter leur chance dans d’autres États membres de l’UE/AELE. À l’égard des façons dont les personnes qui se lancent dans ces mouvements perçoivent leur situation actuelle, l’absence de (meilleur) permis de séjour jouerait une fois de plus un rôle prépondérant. En effet, les participants à cette recherche se disant satisfaits sont ceux qui possèdent aujourd’hui un permis de séjour similaire au permis B réfugié-e (autorisation de séjour). The thematic of "irregular secondary movements" within the European Union (EU) and the European Free Trade Association (EFTA) is not exactly new. Since the end of the 20th century, it has been the subject of a small amount of research in social sciences, mostly from a macro-sociological perspective. However, very little of this research has focused on Switzerland. Based on quantitative and qualitative data, the research presented in this Master's thesis focuses on "irregular secondary movements" from Switzerland to other EU/EFTA member states from a micro-sociological perspective. The aim of this research is to gain a better understanding of these movements by using three different approaches: the profiles of people who undertake such movements, the reasons why they do so, and their perceptions of their current situation. The present research shows that these movements seem to be undertaken primarily by men between the ages of 18 and 30. The countries of origin most represented in these movements appear to be Eritrea and Afghanistan. As for the legal status previously held in Switzerland, it is thought to be mainly the N permit (asylum seeker). Furthermore, the results of this research also indicate that the main reason for initiating these movements is allegedly the lack of a (better) residence permit in Switzerland. Indeed, being without a residence permit or having one considered unsatisfactory, seems to encourage many people to try their luck in other EU/EFTA member states. In terms of the ways in which those who undertake such movements perceive their current situation, the lack of (better) residence permits is expected to play a major role once again. In fact, research participants expressing satisfaction are those who now possess a legal status similar to the B refugee permit.
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    Représentations locales des changements environnementaux: Le rôle du contexte dans l’appréhension des migrations « climatiques » à Zanzibar
    (2020)
    Wannaz, Julie
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    En considérant que l’espace est investi de sens par les sociétés et n’est ainsi pas appréhendé de la même manière par tous les individus, ce travail vise à aborder la question des effets du contexte local dans le rapport entretenu par la population de Nungwi (Zanzibar, Tanzanie) aux changements environnementaux. Il s’agira ainsi de se demander en quoi différents facteurs psycho-sociaux et institutionnels tels que, par exemple, certaines caractéristiques sociales ou économiques, ont un effet sur la manière dont est perçue et vécue la situation environnementale. Plus précisément, dans ce contexte insulaire, souvent présenté comme l’image emblématique de première victime du réchauffement climatique, il est intéressant de questionner le rapport à la migration comme stratégie d’adaptation à ses effets. La question de recherche à laquelle ce mémoire cherche à répondre est donc ; Comment les représentations locales de la population de Nungwi permettent-elles de mieux comprendre le rapport et les réponses aux changements environnementaux et, plus particulièrement, la migration ? Cette réflexion part de l’observation que, bien que les modifications de l’environnement soient une réalité importante en termes d’effets aussi bien physiques que socio-économiques, la mobilité n’est pas employée par les habitant·e·s de Nungwi comme stratégie d’adaptation. L’analyse de cette recherche permet de mettre en lumière, dans les discours des entretiens semi-directifs menés durant le travail de terrain, certaines des représentations et perceptions des changements environnementaux et leur ancrage contextuel. Mettant ces processus en regard de dynamiques institutionnelles, économiques, culturelles, sociales ainsi qu’environnementales agissant localement, il s’agira ensuite de voir l’influence que cela peut avoir sur leur rapport à la migration comme moyen d’adaptation. Ce mémoire donne ainsi des pistes de réflexion qui permettent de comprendre qu’en fonction de la manière de se représenter les changements environnementaux, leurs causes, leurs conséquences, le risque et la perception d’avenir qui y sont attribués, les individus visualisent certaines stratégies d’adaptation où la migration n’est pas forcément vue comme autre chose qu’une option de dernier recours. Il participe de ce fait à relativiser les discours alarmistes anticipant des migrations massives en soutenant la littérature scientifique sur l’importance de considérer les représentations et les réalités locales pour comprendre les réponses mobilisées et souhaitées par les populations concernées par les effets prononcés des changements environnementaux.
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    Entre inclusion et exclusion: les marges de manoeuvre des assistant-e-s sociaux-ales dans le traitement des dossiers des personnes étrangères à l'aide sociale
    (2020)
    Joanneton, Léa
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    Beqiri, Albulenë Bunjaku
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    La politique migratoire en Suisse est aujourd’hui centrée sur l’intégration des personnes étrangères. Cette orientation a été confirmée par la précision des critères d’intégration avec l’entrée en vigueur en 2019 de la Loi sur les étrangers et l’intégration. Certaines des exigences pour séjourner en Suisse sont la participation à la vie économique et l’absence de dépendance à l’aide sociale pour une certaine catégorie d’étranger·ère·s. Dans ce cadre, la politique migratoire est superposée à la politique de l’aide sociale qui a aussi pour but d’intégrer les personnes dans la société. Deux types d’acteur·rice·s sociaux·ales sont principalement touchés dans ce processus. Le premier concerne les personnes étrangères qui recourent à l’aide sociale et qui sont doublement sollicitées par une injonction à s’intégrer. Le second regroupe les agent·e·s étatiques dont le travail consiste à mettre en oeuvre ces politiques. Au sein de ce travail, il s’agira de s’intéresser aux discours et aux pratiques des assistant·e·s sociaux·ales oeuvrant au sein de l’institution de l’aide sociale et de comprendre leur rôle au sein du processus de (re)définition du droit de séjour et d’établissement des personnes étrangères.
    Ce travail a pour objectif de répondre à ces interrogations en divisant notre réflexion en deux axes principaux. Le premier vise à questionner et à comprendre la façon dont la politique d’intégration est présentée dans le droit migratoire et lors de l’accompagnement à l’insertion professionnelle au sein de l’aide sociale. Le second vise à se pencher sur les conditions globales qui encadrent le travail des assistant·e·s sociaux·ales et sur la définition des marges de manoeuvre de ces agent·e·s étatiques à l’intersection de ces deux politiques., Migration policy in Switzerland today focuses on the integration of foreigners. This orientation has been confirmed by the clarification of integration criteria with the enactment of the Law on Foreigners and Integration in 2019. Some of the requirements for residence in Switzerland are participation in economic life and the absence of dependence on social assistance for a certain category of foreigners. Within this framework, migration policy is entangled in social assistance policy, which also aims to integrate people into society. Two types of social actors are mainly involved in this process. The first concerns foreigners who are in need of social assistance and who are doubly affected by an integration order. The second is the state agents whose job is to implement these policies. This work will focus on the discourse and practices of social workers working within the social welfare institution and on understanding their role in the process of (re)defining the right of residence and settlement for foreigners.
    The aim of this work is to answer these questions by dividing our reflection into two main axes. The first aims at questioning and understanding the way integration policy is presented in migration law and in the support for professional integration within social assistance. The second aims to look at the overall conditions governing the work of social workers and to define the discretion of these state agents at the intersection of these two policies.
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    Leaving Sri Lanka again ?: migration intentions of Sri Lankans being back from Switzerland
    (2019)
    Stuber, Lea
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    De nombreus.e.s sri-lankais.e.s vivent en-dehors du Sri Lanka, notamment en raison de la guerre civile. Lorsque le conflit a pris fin en 2009, certaines de ces personnes ont décidé ‘librement’ de rentrer au Sri Lanka. Cependant, d'autres ont été forcées de retourner au Sri Lanka parce que l'asile n’était plus garanti. Dans le cas de la Suisse et du Sri Lanka, il n'existe pas de recherche particulière sur les phénomènes sociaux de déportation ou de migration de retour. Ce mémoire de Master vise à combler cette lacune en comparant différentes raisons de retour par rapport aux intentions de migration future. L'autrice révèle l'importance de l'idée de ‘quitter à nouveau le Sri Lanka’ après avoir mené 25 entretiens avec des personnes qui ont quitté la Suisse pour revenir au Sri Lanka. Les processus de migration sont compris comme étant simultanément ancrés dans des lieux différents et dans des contextes temporels différents.
    A travers une analyse approfondie de 7 entretiens narratifs, l'autrice montre que – par le bais de la migration antérieure du Sri Lanka vers la Suisse – les individus ont établi des affiliations et des relations au nouveau lieu qui persistent même après le départ du pays de destination. Par conséquent, le réseau social (translocal) peut être une ‘alternative’ importante lorsque l'accès par la citoyenneté ou un permis n'est pas accordé en premier lieu. Malgré l’encastrement dans les échelles nationale et supranationale, bon nombre des stratégies que les gens appliquent dépendent du réseau social : par exemple, être sponsorisé par un membre de la famille établi en Suisse ou chercher une demande en mariage en Europe. En outre, ce qui semble être l’un des défis liés à la tentative d'accès à la mobilité par l'intermédiaire du réseau social est l'incertitude souvent rencontrée au sujet des réglementations nationales. Pourtant, les réseaux sociaux translocaux peuvent être considérés comme un moyen de faire usage des droits nationaux et supranationaux de la ‘meilleure’ manière possible pour pouvoir quitter à nouveau le Sri Lanka., Many Sri Lankan nationals live in places outside Sri Lanka, among other reasons, due to the long-standing civil war. As the conflict ended in 2009, some of them decided ‘freely’ to return to Sri Lanka. However, others were forced to return to Sri Lanka as they weren’t granted asylum anymore. In the case of Switzerland and Sri Lanka, there exists no particular research on the social phenomena of deportation and return migration. This Master’s thesis aims to fill this gap by comparing different reasons for return in relation to future migration intentions. The author reveals the importance of the idea of ‘leaving Sri Lanka again’ by conducting 25 interviews with individuals who moved from Switzerland back to Sri Lanka. Migration processes are understood as simultaneously embedded in different places and different temporal settings. By looking into the multiplicity of scales and multiplicity of temporalities, it was possible to understand how mobility is differentiated.
    Through an in-depth analysis of 7 narrative interviews, the author shows that through the earlier migration from Sri Lanka to Switzerland, individuals have established affiliations and relationships at the new place which persist even after the person left the country of destination. Therefore, the (translocal) social network can be an important ‘alternative’ when access through citizenship or a permit is not given in the first place. Despite the embeddedness on the national and supranational scale, many of the strategies that people apply depend on the social network: for instance, getting sponsored by a family member in Switzerland, looking for a marriage proposal in Europe, or applying for a green card in the U.S. Nevertheless, these opportunities are often limited to intimate relationships. In addition, what seems to be a challenge linked to the attempt to access mobility through the social network is the often-experienced uncertainty related to national regulations. Yet, translocal social networks can be seen as a means of making use of the national and supranational rights in the ‘best’ way in order to be able to leave Sri Lanka again.
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    Al confine di Chiasso: regards sur l'évolution du travail du Corps des gardes-frontière tessinois et son impact sur le contrôle migratoire
    (2019)
    Lacarbonara, Nicole
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    Ce mémoire de master analyse l’évolution du travail des gardes-frontière à la frontière de la zone de Mendrisio (Tessin) des années 1990 à ce jour. Plus particulièrement, il s’agit d’étudier l’évolution des tâches et leurs applications par l’examen du discours et des souvenirs des gardes-frontière qui ont partagé avec moi leur expérience de terrain.

    Après avoir identifié les différentes procédures impliquant la maîtrise du travail des agent·e·s dans la zone frontière, l’attention a été portée de manière factuelle et détaillée sur les pratiques de surveillance décrites par les gardes. Ceci a permis d’apporter un regard sur les tensions existant entre l’ouverture d’une frontière – avec l’entrée de la Suisse dans l’espace Schengen – et sa fermeture – avec la nécessité d’imposer un contrôle de passage par les gardes-frontière –.

    De plus, ce travail de mémoire s’intéresse à la manière dont une personne migrante est prise en charge ; particulièrement par l’examen de deux dimensions : lors d’une réadmission en Italie ou lors du dépôt d’une demande d’asile en Suisse.

    En postulant que l’évolution prend différentes formes, qui peuvent être influencées par des caractéristiques politiques, économiques, culturelles et sociales, trois axes d’analyse ont été retenus :
    1. la description évolutive des tâches et du travail du Corps des gardes-frontière ;
    2. l’évolution de la migration à la frontière ainsi que les tâches procédurales qui relèvent principalement de l’asile ;
    3. les pratiques discursives portant sur les représentations des agent·e·s vis-à-vis de la migration et la frontière tessinoise.

    Ce travail, permet de comprendre comment une continuité dans l’administration de la frontière s’exerce dans le temps et quelle évolution des contrôles de personne en découle.
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    Erythréennes et Erythréens au-delà des frontières: Itinéraires d’exil
    (2018)
    Placì, Rahel
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    Les Erythréen·ne·s qui fuient le service national à durée indéterminée sont 5 000 à quitter le pays chaque mois. Une fois la frontière franchie illégalement, ils et elles poursuivent leur route en transitant généralement par l’Ethiopie et/ou le Soudan, la Libye et la mer Méditerranée, dans le but d’atteindre l’Europe. Voyageant clandestinement, ils et elles font appel à des réseaux de passeurs organisés, ainsi qu’à leur famille et amis, pour rendre possible leur migration. Certains et certaines parviennent à obtenir des documents – faux ou authentiques – qui leur permettent d’arriver légalement en Europe. C’est le cas des femmes notamment, qui ont parfois droit au regroupement familial via leur mari, ou qui font appel à un passeur pour obtenir de faux documents de mariage. Dans tous les cas, la route est longue, allant de plusieurs mois à plusieurs années, et coûte cher : jusqu’à des dizaines de milliers de francs pour les cas les plus extrêmes. Nombreux sont les obstacles et les frontières qui se dressent face à ces migrant·e·s, qu’ils soient économiques, sécuritaires et politiques, ou encore physiques et psychologiques. Certain·e·s parviennent à atteindre leurs destinations du premier coup, d’autres au bout de la deuxième, voire troisième tentative, souvent après avoir été refoulé·e·s et/ou emprisonné·e·s. Malgré tout, ils et elles continuent, en risquant leur vie et celle des leurs, dans l’espoir d’atteindre un jour un pays sûr, et d’y trouver la liberté ainsi que des perspectives d’avenir.

    Cette recherche a pour but de comprendre comment ces itinéraires d’exil érythréens sont produits et vécus, en prenant pour étude de cas les Erythréen·ne·s qui ont demandé l’asile en Suisse. L’analyse de dix entretiens biographiques a permis de mettre en évidence le rôle important du réseau personnel de ces migrant·e·s qui agit comme un catalyseur de la migration. Premièrement, la famille – qu’elle soit restée au pays ou ailleurs – peut être comprise comme une force transnationale qui finance les itinéraires, conseille les migrant·e·s et sert d’intermédiaire lorsque les contacts d’une part et d’autre d’une frontière ne sont pas possibles. Deuxièmement, les passeurs – organisés en réseaux – incitent les migrant·e·s à poursuivre leur route, nourrissant leurs peurs et leurs espoirs. Troisièmement, le réseau créé en chemin va offrir du soutien aux réfugié·e·s, mais également influencer leur itinéraire. Il s’agit des autres migrant·e·s, rencontré·e·s en route, qui vont servir d’exemple et participer à leur prise de décision. Enfin, le bouche à oreille va informer les candidat·e·s à l’exil sur les routes qu’ils et elles souhaitent emprunter pour atteindre l’Europe. Les frontières, telles qu’elles sont vécues et franchies par les migrant·e·s ne correspondent pas toujours aux limites politiques des pays, mais plutôt se renouvellent tout au long de l’itinéraire, prenant des formes multiples et variées : désert du Sahara ; mer Méditerranée ; enfermement dans un camp de réfugié·e·s ou dans une maison de passeurs ; séparation physique et virtuelle de la famille ; attente ; etc. A travers les années, les itinéraires ont eu tendance à coûter de plus en plus cher. La fermeture et l’externalisation des frontières européennes bloquent petit à petit les routes, obligeant les jeunes hommes, qui sont généralement les premiers à migrer, à emprunter de nouvelles voies les obligeant à faire de plus en plus appel à des réseaux de passeurs. Les femmes mariées sont elles aussi victimes de cette évolution, car elles sont hautement dépendantes de leur mari parti avant elles, et dont elles restent sans nouvelles pendant des mois. Ainsi, leur itinéraire d’exil suit ces derniers. Attendant des papiers, elles sont obligées de vivre jusqu’à plusieurs années dans la plus grande précarité. En Erythrée, où elles sont harcelées par l’armée, ainsi que dans les camps de réfugié·e·s en Ethiopie et au Soudan, où elles craignent les enlèvements. Au final, les itinéraires d’exil érythréens ne doivent pas être compris individuellement, mais au contraire doivent être situés dans le contexte plus large d’une émigration familiale, dont les relations se veulent de plus en plus transnationales, étendant ainsi leurs soutiens économique et moral au-delà des frontières.
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    Mobilité étudiante: Les motivations et stratégies des étudiant.es internationaux.ales à l’Université de Neuchâtel
    (2018)
    Leo, Christelle
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    La mobilité étudiante est un phénomène en pleine expansion. Selon les chiffres de l’OCDE, le nombre d’étudiants inscrits dans une université en dehors de leurs pays de citoyenneté serait passée de 0.8 millions en 1975 à plus de 4.1 millions en 2010. (OCDE, 2012).
    Si de nombreuses études ont été faites sur le thème de la migration étudiante, peu sont celles qui se focalisent sur le cas de la Suisse. Cette étude a pour but de combler une partie de cette lacune en proposant une recherche sur les mobilités des étudiants internationaux avec comme cas d’étude l’Université de Neuchâtel en Suisse romande. Elle cherche à comprendre quelles sont les motivations et les stratégies des étudiant.es internationaux.ales présent.es à l’Université de Neuchâtel en dégageant les motivations qui poussent à partir, les critères qui attirent les étudiant.es dans un endroit plutôt qu’un autre et les difficultés qui sont rencontrées durant cette migration.
    Les résultats obtenus grâce à des questionnaires en ligne ainsi que des interviews ont permis de mettre en évidence une série d’éléments qui amènent les étudiant.es à quitter leur pays pour partir étudier à l’étranger. Dans cette catégorie de réponse, la volonté d’être mobile ressort comme un élément central dans cette décision. Quant aux critères d’attraction, c’est principalement la distinction entre des critères directement liés à l’Université de Neuchâtel (petite taille, cursus d’étude particuliers) et des critères indirectement lié à l’endroit (présence de réseau social, retour d’expérience positive) qui été faite. Finalement, les difficultés qui ont pu être mises en évidence sont d’ordre administratives, économiques et socioculturelles alors que les stratégies développées se retrouvent principalement dans le soutien que les étudiant.es ont pu trouver auprès de leur famille, ami.es ou de l’Université de Neuchâtel.
    Finalement, c’est la présentation de cette mobilité comme un capital qui clos cette recherche et propose ainsi de nouveaux élargissements possibles.
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    Ecouter, instruire, décider: analyse du processus décisionnel en matière d'asile au sein du Secrétariat d'Etat aux migrations
    (2017)
    Agustoni, Camilla
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    La présente recherche se penche sur le processus qui conduit les collaborateurs du Secrétariat d’Etat aux migrations à statuer sur les demandes d’asile. En considérant que la mise en œuvre du droit ne serait pas de nature mécaniciste et que les professionnels des administrations, baptisés par Lipsky (1980) « street-level bureaucrats », disposeraient de marges de manœuvre dans la conduite de leur travail, nous souhaitons montrer comment un processus décisionnel portant sur une question si complexe et délicate telle que l’est l’asile peut être mis en œuvre. Ainsi, nous mobilisons deux axes de recherche: le premier, portant sur la manière dont les professionnels parviennent à construire l'idée de l'(in)vraisemblance; le deuxième, se concentrant sur les marges de manœuvres et les contraintes auxquelles les professionnels se trouvent confrontés. Nous essayons dès lors d’entrer dans les logiques et les représentations guidant leur cheminement, et de rendre compte des enjeux caractérisant un processus qui n’est souvent pas accessible de l’extérieur et qui reste encore relativement peu exploré. Les résultats de l’étude démontrent que l’examen de la vraisemblance représente un élément central de la prise de décision et que le requérant d’asile est soumis à une véritable « épreuve bureaucratique » (D’HALLUIN-MABILLOT 2012) riche d’enjeux. Ce travail a également permis d’identifier une marge de liberté des professionnels à plusieurs étapes du processus décisionnel, concernant la détermination de l’âge du requérant d’asile, la manière de conduire l’audition, l’évaluation de la vraisemblance, l’examen du renvoi et le degré d’approfondissement de l’instruction du dossier. Cependant, il ressort que les professionnels sont également soumis à différentes contraintes qui limitent leur marge de manœuvre et, de manière parallèle, engendrent des nouveaux enjeux : les objectifs de productivité, le contenu du dossier, les lois et les directives relatives à la pratique, les supérieurs hiérarchiques ainsi que l’instance de recours. Ces résultats ont permis de mettre en évidence la complexité du processus décisionnel en matière d’asile qui, loin de relever d’une simple application de la loi, est porteur de nombreux enjeux et tensions.
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    La main-d'oeuvre étrangère dans l'agriculture suisse : rôle et enjeux: Etude de cas auprès de producteurs de lait en Suisse romande
    À travers des témoignages d’agriculteurs de Suisse romande, ce travail de mémoire aborde le rôle et les enjeux des employés étrangers dans l’agriculture helvétique. Cette main-d’oeuvre représente près de 70% des personnes extrafamiliales actives dans les fermes suisses. En postulant que le marché du travail n’est pas statique mais qu’il est influencé par des caractéristiques sociales, économiques, politiques et culturelles qui évoluent dans le temps, trois axes de recherche ont été mobilisés : 1) les profils des travailleurs recherchés par les employeurs 2) les structures institutionnelles (formelles et informelles) qui incitent les agriculteurs à embaucher une main-d’oeuvre étrangère 3) les pratiques de recrutement des exploitants agricoles. Adoptant une perspective centrée sur les employeurs, ce travail explore des pistes encore peu étudiées pour comprendre les migrations de travail ; dans ce cas, celles des personnes peu qualifiées.

    Les résultats de l’étude démontrent que les agriculteurs recherchent une main-d’oeuvre flexible, disponible pour des horaires irréguliers et des conditions de travail difficiles. Les discours des interlocuteurs révèlent non seulement la construction de l’adéquation entre l’offre de travail étrangère et la demande locale, mais également la déconstruction des facteurs expliquant la pénurie de main-d’oeuvre indigène. Les évolutions sociétales, telles que la modification de la démographie de l’offre de travail et la dégradation de la figure paysanne, impactent aussi le monde agricole et ses travailleurs. Enfin, les pratiques de recrutement, presque exclusivement à travers les réseaux sociaux des employés et des employeurs, renforcent et reproduisent le rôle de la migration dans l’agriculture suisse. Nuançant la dépendance de l’agriculture à la main-d’oeuvre étrangère et discutant des logiques néolibérales imposées dans la quasi-totalité des marchés, y compris les petites exploitations familiales, le travail se termine par une conclusion réflexive sur l’agriculture actuelle et sa main-d’oeuvre.