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Measurements of grammaticalization: developing a quantitative index for the study of grammatical change
Résumé Il existe un large consensus sur le fait que la grammaticalisation est un processus graduel et largement unidirectionnel : les éléments lexicaux acquièrent des fonctions grammaticales et les éléments grammaticaux peuvent ensuite se grammaticaliser d’avantage (Hopper et Traugott 2003). Ce consensus est fondé sur des observations consistantes entre plusieurs langues. Alors que la plupart des études existantes présentent des données qualitatives, cette thèse propose une approche quantitative qui tente de mesurer les degrés de grammaticalisation à l'aide de variables basées sur des corpus, complémentant ainsi le travail qualitatif existant. La mesure proposée est calculée sur la base de plusieurs paramètres connus pour jouer un rôle dans la grammaticalisation (Lehmann 2002, Hopper 1991), tels que la fréquence (token), la longueur phonologique, la diversité des collocats, la diversité des colligats et la dispersion. Ces variables sont utilisées dans un modèle de régression logistique binaire qui peut attribuer un score à un élément linguistique donné qui reflète son degré de grammaticalisation.
La grammaticalisation peut être conçue en synchronie et en diachronie. La vision synchronique de la grammaticalisation concerne le fait que certains éléments sont plus grammaticalisés que d'autres, ce que l'on appelle communément la gradience. La vue diachronique concerne le développement d'éléments grammaticaux au fil du temps, les éléments devenant de plus en plus grammaticaux par petits pas incrémentiels, ce qu'on appelle aussi la gradualité. Cette thèse propose des études qui traitent de chacun de ces points de vue.
Pour quantifier la gradience de la grammaticalisation, des données du British National Corpus sont utilisées. 264 éléments lexicaux et 264 éléments grammaticaux sont sélectionnés pour entraîner un modèle de régression logistique binaire. Ce modèle peut classer ces éléments et déterminer ceux qui sont plus lexicaux ou plus grammaticaux. Les résultats indiquent que le modèle fait des prédictions réussies dans l'ensemble. De plus, des généralisations concernant la grammaticalisation peuvent être soutenues, comme la pertinence des variables clés (p.ex. la fréquence token et la diversité à gauche d'un élément donné) ou le classement des catégories morphosyntaxiques dans leur ensemble (p.ex. les adverbes se situent en moyenne entre les catégories lexicales et grammaticales).
La gradualité de la grammaticalisation est étudiée à l'aide d'une sélection de vingt éléments qui ont des équivalents grammaticaux et lexicaux en anglais (p.ex. keep). Le Corpus of Historical American English (1810s-2000s) est utilisé pour récupérer les données pertinentes. L'objectif est de vérifier l'évolution dans le temps des différentes variables et des scores de grammaticalisation. La principale valeur théorique de cette approche est qu'elle peut offrir une façon empiriquement opérationnelle de mesurer l'unidirectionnalité en grammaticalisation, par opposition à une observation plus qualitative basée sur des études de cas individuels.
   
Mots-clés Grammaticalisation, gradience, gradualité, régression logistique binaire, linguistique quantitative, linguistique des corpus, changement grammatical.
   
Citation Correia Saavedra, D. (2019). Measurements of grammaticalization: developing a quantitative index for the study of grammatical change, Doctorat, Neuchâtel, Neuchâtel.
   
Type Thèse (Anglais)
Année 2019
Departement academique FLSH, Institut de langue et littérature anglaises
Université Neuchâtel (Neuchâtel)
Degré Doctorat
URL http://doc.rero.ch/record/326670