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De l'observation isolée au savoir partagé: négociations discursives et construction du véritable invisible dans les sciences naturelles entre 1740 et 1840
Responsable du projet Nathalie Vuillemin
Marc Ratcliff
   
Résumé La naissance de la science microscopiste et de l’intérêt pour les formes de vie invisibles à l’œil nu (bactéries, infusoires, micro-organismes animaux et végétaux) trouve ses origines à la fin du XVIIe siècle. Avant que ne puissent surgir, dans le courant du XIXe siècle, des sciences spécialisées basées sur des méthodes précises et des langages formels, il a fallu toute une période d’adaptation aux nouveaux objets que l’on avait sous les yeux. Tout au long du XVIIIe siècle, les naturalistes tentent d’imposer une compréhension de ces productions inédites, inventent des mots pour en parler, cherchent leur signification.

Sur la base d’un corpus de textes théoriques, d’observations publiées, mais également de nombreux manuscrits (correspondances, carnets de laboratoire, notes diverses, brouillons) conservés au Muséum d’histoire naturelle de Paris et à la Bibiothèque de Genève, ce projet a pour but d’explorer la manière dont les savants créent progressivement un espace d'investigation de l'invisible. Cela suppose évidemment de développer des connaissances, mais également tout un nouveau langage. Comment élaborer la description qui permettra de reconnaître un objet observé parfois de manière aléatoire? Comment le transformer en objet de connaissance? Comment l’interpréter? Toute une rhétorique de l’invisible est ici en acte. Nous tenterons de comprendre comment se forment les discours et ce qu'ils véhiculent de présupposés philosophiques et métaphysiques. Nous partons du principe que les savants microscopistes, au XVIIIe siècle, sont engagés dans un processus complexe de négociation, entre eux, et avec leur public, pour faire admettre l'existence de ces êtres invisibles et leur signification. Mais bien avant les échanges, cette négociation est déjà perceptible dans l'espace du laboratoire, lorsque le savant tente de donner forme à ce qu'il voit, et de le comprendre.

Cette recherche sera effectuée en collaboration entre Nathalie Vuillemin, spécialiste de l'histoire des discours scientifiques au XVIIIe siècle, et Marc Ratcliff, historien des sciences spécialiste de l'histoire de la microscopie. Elle dépasse toutefois la seule histoire de la microscopie pour s’inscrire dans une interrogation sur l’apprentissage de l’invisible, comme apprentissage du regard et du discours.
   
Mots-clés microscopie, dix-huitième siècle, discours scientifique, observation, communauté savante, invisible
   
Type de projet Recherche fondamentale
Domaine de recherche Langues romanes
Source de financement Encouragement de projets (Div. I-III)
Etat Terminé
Début de projet 1-9-2015
Fin du projet 31-10-2018
Budget alloué 298'870
Contact Nathalie Vuillemin