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L'économie informelle licite: une alternative contrainte à l'exclusion économique et sociale?
Collaborateur François Hainard
   
Résumé Les transformations rapides de nos sociétés et de leurs économies, en particulier les exigences liées à la mondialisation (avec les délocalisations et la concurrence que cela implique pour les emplois peu qualifiés) et les flexibilités multiples qui l’accompagnent, ont des conséquences importantes sur certaines catégories de populations, notamment les plus fragiles. Certains jeunes, des personnes au-delà de la cinquantaine, des migrants, de nombreuses femmes cheffes de famille, certains petits indépendants et d’une manière générale toutes celles et ceux mal ou peu formés connaissent aujourd’hui des difficultés grandissantes pour s’insérer dans le monde du travail. Parallèlement les organes de l’Etat-Providence s’essoufflent devant la tâche croissante à soutenir financièrement des personnes en difficulté avec des budgets qui ne suivent plus les besoins et qui se voient plafonner, voire réduits eux aussi. Ces personnes tentent alors de trouver les parades à l’exclusion économique et sociale par des stratégies, ruses et autres débrouilles qu’elles organisent et façonnent elles-mêmes. Souvent ces initiatives conduisent à ce que l’on dénomme l’économie informelle, à savoir une activité qui, soit n’est pas rémunérée en retour d’autres prestations en nature, soit est rémunérée, mais sans que cela soit annoncé au fisc et aux assurances sociales.

L’économie informelle peut donc être perçue comme une alternative particulièrement utile pour éviter une mise à l’écart qui peut s’avérer parfois dramatique psychiquement, socialement et matériellement. Il vaut la peine de s’arrêter à l’étude des solutions transitoires (quoique pas toujours) mises en œuvre par ces populations pour rester « la tête hors de l’eau ». Projets novateurs, recours au capital social, valorisation des réseaux faibles et forts, telles sont quelques-unes des stratégies élaborées et qu’il convient de connaître tant pour soutenir ces personnes dans leurs efforts jusqu’à une meilleure situation, que pour reconnaître l’utilité (plurielle) de certaines activités et leur donner un statut légal.

Certes, même si l’Etat s’en défend en vouant aux gémonies l’économie informelle, il entérine parfois tacitement certaines situations, fermant un œil sur leurs caractères illégaux, parce que cela permet de résoudre, même partiellement, des situations pour lesquelles il ne peut offrir de véritables solutions. Une recherche sur les pratiques liées à l’économie informelle légale mettrait en évidence quelques pistes précieuses pour ajuster certaines politiques publiques dans les domaines du social et de l’emploi. De sorte, l’hypothèse générale autour de laquelle s’articulera notre recherche peut être résumée ainsi:

Le recours de certains individus à des activités appartenant au domaine de l’économie informelle peut s’avérer être une stratégie leur permettant de se sortir d’une situation d’exclusion sociale et économique. En ce sens, l’inscription dans l’économie informelle licite peut, tout en palliant les carences de l’Etat social, être considérée comme un moyen provisoire de réintégrer l’économie formelle
   
Mots-clés Social exclusion, Public policies, informal economy, economic and social exclusion
   
Type de projet Recherche fondamentale
Domaine de recherche Sociologie
Source de financement FNS - Encouragement de projets (Div. I-III)
Etat Terminé
Début de projet 1-9-2007
Fin du projet 31-3-2010
Budget alloué 230'423.00
Contact François Hainard